Piqué sur le bog ami de Désirs d'Avenir Orge et Yvette :
Le PS est mort, vive le PS !
Nous étions 800 (selon l’AFP) dans ce gymnase des Blancs Manteaux, à l’invitation du Comité Désirs d’Avenir de Paris, venus en ces temps difficiles avec le ferme espoir de relancer une
machine à gagner au cœur d’un PS plus immobiliste et plus divisé que jamais, à ce qu’on dit. Il y avait même, très applaudi, un membre du MODEM fort désireux que son mouvement rompe enfin avec un
ni-ni stérile…
Certains, ceux qui en « bavent » le plus dans leur section, étaient venus avec l’espoir qu’on leur délivre enfin un visa pour la terre promise : un parti 100% ségoléniste, où l’on se retrouverait entre soi, dans l’enthousiasme partagé.
Mauvaise idée, bien sûr. Alors que la gauche a besoin de s’unir, est-ce le moment d’ajouter la division à la division ?
Alors que l’opinion de gauche, et surtout celle des militants PS, nous reste très largement favorable, devrions-nous partir battus et abandonner le terrain sans combattre aux nostalgiques de la social-démocratie des années 60, morte et enterrée, ou de l’union de la gauche façon 1981 ?
Et ne devons-nous pas nous méfier de notre propre enthousiasme ? Regroupés entre nous, toute voix discordante bannie, ne risquons-nous pas de confondre parti et « fan club » et de réinventer
sous nos cieux tempérés une forme de ce que Chavez a porté à la perfection dans son émirat : l’association d’une démocratie directe à la base avec le culte du chef ?
La gauche du XXIème siècle, ce n’est pas cela.
Et puis, tout n’est pas si noir dans le parti socialiste ! Durant cette campagne, combien de fabiusiens, de strauss-kahniens, de jospiniens, de mélenchonistes, de tartempioniens de tout poil,
n’ont-ils pas « mouillé la chemise » et défendu nos couleurs communes avec loyauté, sans états d’âme. A-t-on pensé à les en remercier ?
Combien de sections où le débat s’est déroulé de façon constructive, approfondie, dans le respect mutuel !
Et ceux qui se plaignent que leur section soit verrouillée, ont-ils toujours adopté la meilleure méthode pour s’imposer en douceur, se rendre indispensables afin de faire admettre leur ségolénisme comme le chaînon manquant du vieux parti ?
Reconquérir le parti, renouveler le score de la campagne interne, c’est facile si nous savons, là où nous militons, nous montrer des militants exemplaires, constructifs, chercheurs de
consensus. Pas de ce consensus mou qui évacue les problèmes mais de cette écoute participative, respectueuse de l’autre, qui cherche derrière les antinomies apparentes la voie d’une « synthèse
dialectique ».
Bien sûr, de la mauvaise foi, du dénigrement systématique, des arrivismes et des dents longues, il y en a, l’homme est ainsi fait. Mais ils ne doivent pas nous décourager, nous faire baisser les bras ni oublier l’immense masse des hommes et des femmes de bonne volonté qui sont la réalité de ce parti.
C’est en pensant à tout cela, sans doute, que Ségolène s’est adressée à nous, aux Blancs Manteaux, pour nous dire non pas de quitter le PS mais de le renforcer, d’y adhérer et d’y faire
adhérer massivement, de contribuer à bâtir enfin ce parti de masse sans lequel rien n’est possible. Un parti qui sache refléter la diversité du peuple et défricher la voie qui relie le possible à
l’utopie.
It’s a long way… Alors, courage !
Voir la vidéo de l’intervention de Ségolène.
Lire le communiqué de l’AFP.
