
Ségolène Royal, ex-candidate socialiste à la présidentielle : Les électeurs ont souhaité "une vraie force d'opposition constructive. Entre les deux
tours, il y a eu une prise de conscience. L'opposition va peser pour un bon fonctionnement des institutions"
Elle sera "candidate au poste de Premier secrétaire du parti [si son] projet de rénovation est majoritaire" (Information divulguée dimanche 17 juin, et qui apparaît dans un livre
intitulé "Les coulisses d'une défaite", à paraître mercredi, où elle annonce aussi sa séparation d'avec François Hollande).
François Hollande, Premier secrétaire du Parti socialiste : "Nos concitoyens ont entendu installer une force face aux nouveaux pouvoirs permettant l'équilibre et
le contrepoids indispensables en démocratie. Et ils ont voulu aussi exprimer un doute voire une crainte à l'égard des premières mesures injustes du gouvernement de François Fillon et notamment
l'annonce de cette TVA sociale et les franchises médicales. Ils ont aussi réprouvé la méthode qui consiste avant les élections à ne pas avouer clairement les intentions du nouveau pouvoir. La
vague bleue annoncée qui devait déferler n'a donc pas eu lieu. Il y aura dans la prochaine assemblée et tant mieux de la diversité et du pluralisme, c'est bon pour le pays". (Déclaration,
dimanche 17 juin)
"Nous, l'opposition, allons tous les six mois faire une évaluation de la politique gouvernementale, sur quatre sujets majeurs : le pouvoir d'achat, l'emploi, combien il y a eu de
créations d'emploi, les comptes publics et la sécurité et les violences".
Laurent Fabius, ancien Premier ministre socialiste a salué "un rebond spectaculaire du Parti socialiste et de la gauche" (Sur TF1, dimanche 17 juin)
"Il va falloir refonder le Parti socialiste" en abordant "d'abord les questions de fond"
Elisabeth Guigou, ancienne ministre socialiste : "Les Françaises et les Français n'avaient pas voulu donner tous les pouvoirs à Nicolas Sarkozy"
Arnaud Montebourg, député PS de Saône-et-Loire, le Parti socialiste doit "tourner la page d'un certain passé. Rien ne sera plus comme avant au parti
socialiste".
Bertrand Delanoë, maire socialiste de Paris : Le score du Parti socialiste ne le dispense pas "de son devoir d'unité"
Martine Aubry, maire socialiste de Lille : "Les Français ont compris depuis cinq semaines que ce qui les attendait n'est pas ce qu'ils avaient cru, même si le
gouvernement avance masqué, le masque commence à tomber et les Français commencent à prendre conscience de la réalité. Les salariés ont compris que ce n'était pas l'augmentation des salaires qui
était l'objectif du gouvernement, ils ont aussi compris que l'objectif de Nicolas Sarkozy n'était pas de les rendre tous propriétaires mais de donner des avantages fiscaux à ceux qui étaient déjà
les plus riches, comme d'ailleurs en ce qui concerne les droits de succession"
Jean-Marc Ayrault, député-maire PS de Nantes, s'est dit "favorable à ce que Ségolène Royal prenne des responsabilités" à la tête du PS
Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche (PRG), s'est réjoui de ce que "le sursaut attendu est au rendez-vous. La Gauche a su se mobiliser et se
rassembler, pour exercer un contre-pouvoir efficace à l'Assemblée nationale. Avec un groupe féminisé, les Radicaux y prendront toute leur part".
Marie-George Buffet, secrétaire nationale du Parti communiste : "C'est un très bon résultat pour le Parti communiste"
"Il faut qu'il y ait un débat à gauche, mais pas un débat d'appareil, d'état-major. Un débat populaire dans chaque commune, dans chaque village, dans les entreprises, dans les
quartiers de toute la gauche, et pour notre part ce que vous attendez du Parti socialiste. Il faut que chaque organisation tire les enseignements de cette période et se questionne sur ses propres
objectifs, sur sa propre démarche, mais nous avons besoin d'un débat populaire. Nous allons pouvoir à partir de cette force à l'Assemblée nationale lancer un grand débat à gauche pour réveiller
la gauche, pour que de nouveau la gauche mène le combat d'une véritable alternative".
Olivier Besancenot, porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) : "L'idée de la TVA anti-sociale a été rejetée massivement"
La Ligue communiste révolutionnaire (LCR) : Les résultats "atténuent la vague bleue annoncée. Même si l'abstention et l'absence de toute proportionnelle enlèvent
toute réelle représentativité à l'assemblée élue. Une nouvelle fois une partie de l'électorat de gauche des quartiers populaires ne s'est pas déplacée. Visiblement, l'annonce des premières
attaques sociales du gouvernement, notamment la TVA sociale et la franchise médicale, ont poussé de nombreux électeurs à donner un premier avertissement au gouvernement. La véritable opposition
sera dans les luttes. Sarkozy et Fillon ne méritent aucun état de grâce. Il est temps que les salariés disposent d'un parti aussi fidèle à leurs intérêts que l'UMP l'est à ceux du Medef. La LCR
consacrera tous ses efforts dans les mois qui viennent à ce qu'un tel parti anticapitaliste voit le jour rassemblant tous ceux et toutes celles qui veulent que s'affirme une gauche de
combat".
Noël Mamère, député-maire Verts de Bègles : "Je pense qu'il faut que nous acceptions l'ouverture qui nous est proposée par Mme (Marie-George) Buffet, que nous
siégions à côté du PCF et d'autres forces de la gauche pour avoir un groupe autonome à l'Assemblée nationale, autonome du Parti socialiste. Quatre (députés verts), c'est mieux que rien, mais ça
ne peut pas nous satisfaire quand on sait le poids de nos idées aujourd'hui. Nous avons toujours réclamé l'introduction de la proportionnelle".
Christian Paul, député socialiste de la Nièvre : Le "PS anesthésié n'attire plus les Français" et "la question de sa survie est posée. Les Français, ils nous l'ont
dit dans ce second tour, nous donnent encore une chance. Le PS doit enfin se mettre au travail. La rue de Solférino est devenue 'la rue des boutiques obscures', où clans et tribus s'affrontent et
se neutralisent sans d'autres enjeux que le pouvoir des uns au prix de l'éradication des autres. Le PS a fait le plein de leaders, mais pour le leadership des idées, il a fait le vide".
Manuel Valls, député socialiste sortant : "Ce vote est d'abord une immense exigence de renouvellement pour nous. Le fait que nous ayons plus de 200 députés va
amener de nombreux jeunes et nouveaux parlementaires, hommes et femmes, du côté socialiste. Cela permet aussi de montrer un autre visage du PS. Nous avons une véritable opposition et des
fondements pour reconstruire; ce que les Français attendent"
Jean-Paul Huchon, président socialiste de la Région Ile-de-France : "C'est la méthode du gouvernement qui est en cause. Est-ce qu'on doit mener le projet de
Nicolas Sarkozy à toute allure dans tous les sens en faisant toutes les réformes en même temps au risque de trouver des désordres et des incompréhensions comme on l'a vu sur la TVA sociale ? La
réponse des Français a été (...) d'une intelligence confondante. Le PS doit aller vers les Français, vers le corps social, les associations, les gens qui ne sont pas de chez nous. On peut penser
à quelque chose comme les états généraux pour faire émerger ce qu'est le pays réel et le socialisme réel"
Gaëtan Gorce, secrétaire national du Parti socialiste, appelle à un "changement de direction" à la tête du parti
Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris, estime que si "le PS n'est pas rénové très largement", il sera battu aux élections municipales de 2008.
Michel Laurent, membre de la direction du Parti communiste français : "La démocratie exige que leur voix puisse être entendue demain à l'Assemblée par la
reconnaissance d'un groupe des députés communistes et apparentés. La résistance à ce qui était présenté comme une 'vague bleue' irrésistible a été bien plus forte que prévue. [Le président de la
République et le gouvernement] ne peuvent pas conclure de ces élections que le soutien des Français leur est acquis et qu'ils ont maintenant les mains libres pour réaliser les rêves de la droite
décomplexée et du grand patronat".
Source : Nouvelobs.com