Vendredi 18 mai 2007
par Comité Désirs d'Avenir de Mennecy

JPJ

Avec Jean-Pierre Jouyet, c'est un ami de François Hollande, gaulliste de gauche signataire du manifeste des "Gracques" et Européen convaincu qui s'empare du secrétariat d'Etat aux Affaires européennes, dans le cadre de l'ouverture voulue par Nicolas Sarkozy. Grand commis de l'Etat, il a cultivé ses réseaux au cours d'une solide carrière dans les coulisses du pouvoir.

Jamais élu et inconnu du grand public, ce haut fonctionnaire classé "deuxième gauche" est un fin connaisseur des arcanes du pouvoir. En 1988, il devient directeur de cabinet du ministre de l'Industrie Roger Fauroux. En 1991, ce fervent Européen rejoint Jacques Delors à la présidence de la Commission européenne, dont il devient le directeur de cabinet. En 1997, il entre au cabinet du Premier ministre socialiste Lionel Jospin à Matignon, en tant que directeur adjoint.

L'homme a aussi une solide connaissance des milieux économiques. Fils de notaire, il a entamé sa carrière à l'inspection des finances. De 2000 à 2004, il a été directeur du Trésor à Bercy, avant d'intégrer la banque Barclays. Plusieurs organes de presse annonçaient sa nomination prochaine comme directeur général délégué d'EDF. Il est également passé par la tête du Club de Paris et dirige aujourd'hui le service de l'Inspection générale des Finances.

Homme d'influence et de réseaux, ce gaulliste de gauche sort de l'ombre en mars à la faveur de la campagne présidentielle. Avec plusieurs hauts fonctionnaires, il paraphe le manifeste des "Gracques" en faveur d'un rapprochement entre l'UDF et le PS. Or, Jean-Pierre Jouyet connaît bien la candidate socialiste et le Premier secrétaire du PS. Après Sciences-Po Paris, il a rencontré à l'ENA le couple Hollande-Royal, dont il devient très proche, sur les bancs de la fameuse promotion Voltaire (1980). Avec Jean-Pierre Mignard, avocat du couple vedette du PS, ils se côtoient au sein du club Témoins qui rassemble les deloristes.

Snobé par la candidate socialiste, il demeure proche du patron du PS.

Dans un récent portrait brossé par "Le Nouvel Economiste", Jean-Pierre Jouyet évoquait le nouveau chef de l'Etat. Nicolas Sarkozy "est en empathie avec les autres. Il n'a rien à voir avec la caricature que l'on en fait. Il est celui qui a la vision la plus exacte des rapports entre la religion et la société. Il comprend la culture américaine sans être aligné sur elle. C'est un républicain et un démocrate. Bien sûr, il peut s'emballer, mais cela passe en quelques heures", exposait-il.

Dans un de ses "blocs-notes politiques" pour l'hebdomadaire "Le Point", l'éditorialiste Catherine Pégard, entrée depuis au cabinet de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, reprenait également des propos de Jean-Pierre Jouyet en avril dans un organe de presse local, "Le Démocrate vernonnais". Il y a "dans le programme de Nicolas Sarkozy, en termes de réformes économiques, d'organisation du marché du travail, de dynamisation de l'esprit d'entreprise, des valeurs vraiment importantes", observait-il.

Source : AP

 

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Vendredi 18 mai 2007
par Comité Désirs d'Avenir de Mennecy

EBF

A l'origine du plus gros couac de la campagne de Ségolène Royal, le transfuge Eric Besson se voit récompensé de sa démission fracassante du PS par le poste de secrétaire d'Etat chargé de la Prospective et de l'Evaluation des politiques publiques.

Il sera rattaché au Premier ministre François Fillon.

Agé de 49 ans, ce natif du Maroc arrive en France à 17 ans et débute sa carrière dans le privé, après des études de commerce et Sciences-Po Paris. Il passe par le groupe Renault et la fondation Vivendi, où il s'occupe de réinsertion des chômeurs.

Son ascension politique se fait vitesse "grand V". Entré au PS en 1993, il intègre la direction du parti en 1999, devenant secrétaire national chargé de l'Economie. Elu maire de la commune de Donzière en 1995, cet ancien partisan de Lionel Jospin devient député de la Drôme en 1997, réélu en 2002, et rejoint la commission des Finances de l'Assemblée nationale.

Un parcours discret et sans fausse note qui vire brutalement de bord le 14 février, jour de la Saint-Valentin. A la surprise générale, il démissionne de son poste de "Monsieur Economie" du PS et de "chiffreur" attitré du projet de Ségolène Royal. Un désaccord sur le chiffrage du "pacte présidentiel" est évoqué. Eric Besson, lui, parle d'une houleuse prise de bec avec François Hollande lors d'une réunion à huis clos du bureau national du PS autour de cette question stratégique.

L'affaire s'envenime, alors que la candidate socialiste traverse une passe difficile. Une semaine plus tard, le 21 février, Eric Besson claque avec fracas la porte du PS. Et vide son sac. Il explique qu'il ne se représentera pas aux législatives, qu'il siégera en attendant parmi les non-inscrits à l'Assemblée et qu'il compte reprendre une carrière dans le privé. Surtout, il dénonce de "fausses rumeurs" distillées sur sa vie privée par le proche entourage de la candidate expliquant une "supposée déprime". Beaucoup au PS mettent alors son coup d'éclat sur le compte d'un tempérament ombrageux et susceptible.

Affecté par le départ d'Eric Besson, François Hollande confie sa "tristesse, pour lui" et évoque dans un quasi-lapsus un "incident amical" dans lequel il reconnaît avoir une "part de responsabilité". Ségolène Royal, elle, cherche à banaliser ce couac, au risque de se montrer méprisante. "Vous connaissez Monsieur Besson?", crache-t-elle le 15 février dans la Somme.

En mars, dans un retour à l'envoyeur, Eric Besson publie "Qui connaît Madame Royal?", succès d'édition. Acide, il vilipende le "populisme" et la "démagogie" de la candidate, qu'il accuse d'"acclimater le poujadisme dans le discours de la gauche".

Le 22 avril, jour du premier tour, Eric Besson annonce son ralliement à Nicolas Sarkozy. Dès le lendemain, devant plusieurs milliers de personnes, il intervient à l'un de ses meetings à Dijon. "Je suis un homme de gauche qui va soutenir et voter pour un homme qui se revendique de droite", lance-t-il, concluant son intervention d'un vibrant "Forza Nicolas et allez la France!"

Nicolas Sarkozy le charge alors de structurer le "pôle de gauche" de sa future majorité présidentielle, pas rancunier. Le 10 janvier, Eric Besson avait en effet publié un rapport au vitriol contre le candidat UMP, intitulé "L"inquiétante rupture tranquille", où il le taxait de "néoconservateur américain à passeport français". Ce dont il s'était ensuite excusé, contrit.

Evoquant ce ralliement, Ségolène Royal tape: "ce n'est pas parce que vous avez Judas à votre table que vous devez vous prendre pour le Messie". Ecoeurée par cet épisode catastrophe, elle ne rate pas une occasion d'étriller cette "traîtrise". Ainsi rapportait-elle récemment devant des journalistes que, lors du coup de téléphone qu'elle a passé à Nicolas Sarkozy au soir du second tour pour le féliciter, elle n'a pas manqué d'épingler la méthode "déloyale" qui a consisté à exploiter Eric Besson.

Elle assurait aussi avoir interdit la distribution avec ses documents de campagne du "pamphlet" du député de la Drôme, le jugeant "limite raciste". Questionné sur ce ralliement, un très proche de Ségolène Royal philosophait: "qui trahit trahira".

Source : AP


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Vendredi 18 mai 2007
par Comité Désirs d'Avenir de Mennecy
Par Alexis DANJON
LIBERATION.FR : vendredi 18 mai 2007
   
 
Denis Sieffert, président et directeur de la rédaction de Politis, répond aux questions de Liberation.fr concernant le nouveau gouvernement.

Que vous inspire le nouveau gouvernement ?

La structuration du gouvernement Fillon est très originale, très sensée également de la part de Nicolas Sarkozy qui confirme la tonalité très à droite de sa campagne: l'aspect sécuritaire et l'ultra-libéralisme. On retrouve ces éléments dans la composition du gouvernement, mais surtout dans sa structure. Il dissocie le social de l'emploi, l'immigration de l'Intérieur. C'est inquiétant et symptômatique d'un gouvernement ultra-libéral.
 

Pourquoi pensez-vous que ce gouvernement est ultra-libéral ?
Le fait qu'il y ait une séparation entre l'emploi et le travail m'interpelle. Dans cette structure gouvernementale, le travail devient la résultante de la croissance. Et cela, c'est vraiment l'idéologie libérale. Tout comme le fait que le traitement social du chômage soit séparé de l'emploi. Ce divorce est très important, le social devenant un accessit caritatif. Et l'emploi, plus personne ne s'en occupe. On considère que c'est la croissance et l'allégement des charges de l'entreprise qui permet de le réduire. Je crois d'ailleurs que c'est la première fois en France que l'on voit une séparation de ce type.

Quel est votre sentiment à propos de la création d'un ministère de l'Immigration, de l'Identité nationale et du co-développement
?
Concernant ce ministère, ce qui me choque, ce n'est pas que l'on couple l'Immigration et l'Identité nationale, c'est la création même d'un ministère de l'Identité Nationale. L'identité, c'est en évolution constante. Le fait de la figer dans un ministère, cela me paraît détestable.

Etes-vous surpris par la nomination de Bernard Kouchner?
Je ne dirai pas que je suis étonné. Il est très proche de Nicolas Sarkozy et il était un des rares hommes politiques français à avoir soutenu la guerre en Irak. Il est très atlantiste, très pro-américain, ça va même être un des ministres les plus à droite. Donc il n'est pas aussi transfuge que cela.


Quel est selon vous le ministère le plus «attrayant» de ce gouvernement?

Ce qui nous intéresse tout particulièrement à Politis, puisque l'on est le premier journal à avoir créé une rubrique écologie, c'est la nomination d'Alain Juppé dans un grand ministère du Développement durable. On peut se féliciter qu'il y ait un ministère de ce type aussi important. Néanmoins, on peut se poser des questions sur la personnalité du ministre car Alain Juppé n'a pas à proprement parlé la fibre écologique. Mais la création de ce ministère est un événement très important et habile.

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Vendredi 18 mai 2007
par Comité Désirs d'Avenir de Mennecy
Le nouveau ministre n'est «plus membre du parti socialiste», a-t-il déclaré. La procédure d'exclusion sera bientôt enclenchée.
Par Liberation.fr
LIBERATION.FR : vendredi 18 mai 2007
      
Le premier secrétaire du PS a annoncé vendredi à l’AFP que Bernard Kouchner n’était «plus membre du parti socialiste». Une décision qui fait suite à sa nomination comme ministre des Affaires étrangères et européennes du gouvernement Fillon.
 
François Hollande a fait valoir que «la pseudo ouverture» du gouvernement de François Fillon «se résumait à une aventure individuelle, celle de Bernard Kouchner qui devient un ministre de plus dans un gouvernement de droite». La procédure d’exclusion du nouveau ministre des Affaires étrangères sera enclenchée rapidement, a-t-il précisé.

S’agissant d’Eric Besson, nommé secrétaire d’Etat à la prospective et à l’évaluation des politiques publiques, Hollande a souligné qu’il avait démissionné du parti, en février dernier. Quant à Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat aux affaires européenne, il n’était pas membre du PS.


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Vendredi 18 mai 2007
par Comité Désirs d'Avenir de Mennecy
Un groupe d'universitaires quitte la Cité nationale de l’histoire de l’immigration. Ils s'opposent à l'instauration «inacceptable» de ce ministère.
Par Liberation.fr / AFP
LIBERATION.FR : vendredi 18 mai 2007
  
Huit universitaires ont annoncé vendredi leur démission des instances officielles de
la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI), qui doit ouvrir ses portes en 2007. Ils protestent contre l’instauration «inacceptable» d’un ministère de «l’immigration et de l’identité nationale».
 
Selon l’historien Patrick Weil, spécialiste des questions d’immigration, signataire d’un texte adopté par sept autres universitaires, «l’association de l’immigration et de l’identité nationale est inacceptable».  «C’est une honte, a-t-il déclaré à l’AFP. Au moment où tant de gens se rallient en trouvant formidable de faire partie d’un gouvernement moderne, il faut rappeler qu’il y a quelque chose qui n’a rien de moderne et au contraire effrayant dans la création de cette administration.» Selon le texte, le rapprochement des deux termes «s’inscrit dans la trame d’un discours stigmatisant l’immigration et dans la tradition d’un nationalisme fondé sur la méfiance et l’hostilité aux étrangers dans les moments de crise».

Le texte rappelle que la CNHI vise à «rassembler, sauvegarder, mettre en valeur et rendre accessibles les éléments relatifs à l’histoire de l’immigration en France, notamment depuis le XIXe siècle, et contribuer ainsi à la reconnaissance des parcours d’intégration des populations immigrées dans la société française et faire évoluer les regards et les mentalités sur l’immigration». L’un des défis est de «faire admettre comme patrimoine commun ce phénomène indissociable de la construction de la France qu’est l’histoire de l’immigration».

 

Les autres signataires du texte sont Nancy Green, Gérard Noiriel, Patrick Simon, Vincent Viet, Marie-Christine Volovitch-Tavarès, Marie-Claude Blanc-Chaléard, Geneviève Dreyfus-Armand.


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