Samedi 15 septembre 2007
par Comité Désirs d'Avenir de Mennecy

FH

"Ce n'est jamais de sa faute, ce n'est jamais lui, c'est toujours les autres!" Alors que le ton monte entre Nicolas Sarkozy et l'Eurogroupe sur la réduction du déficit budgétaire français, François Hollande a accusé samedi le président de fuir ses responsabilités en renvoyant la faute sur Bruxelles.

"Comme M. Sarkozy ne veut pas avouer qu'il a fait une faute économique grave avec son paquet fiscal et que la France est aujourd'hui en état de déficit insupportable pour nos partenaires européens, il s'en prend à d'autres qu'à lui-même", a moqué le Premier secrétaire du PS lors d'une visite à la Fête de l'Humanité au parc de La Courneuve (Seine-Saint-Denis).

"Vous verrez, cette méthode sera celle de tout son quinquennat. Ce n'est jamais de sa faute, ce n'est jamais lui, c'est toujours les autres", a-t-il grincé. "Plutôt que de s'en prendre à lui-même par rapport à un paquet fiscal qui a coûté 15 milliards d'euros sans impact sur la croissance, il évite sa propre responsabilité en s'en prenant à d'autres. La méthode de Nicolas Sarkozy, c'est de battre la coulpe des autres par rapport à ses propres fautes, donc ce n'est jamais lui le responsable".

"Il s'en prend" au président de la BCE Jean-Claude Trichet, alors que "c'est la France qui a nommé M. Trichet à la tête de la Banque centrale européenne", et "il s'en prend à M. Juncker (Jean-Claude, président de l'Eurogroupe, NDLR), qui est généralement le mieux disposé à l'égard de la France", a regretté François Hollande.

Source : AP



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Samedi 15 septembre 2007
par Comité Désirs d'Avenir de Mennecy

JLD

Le député PS Jack Lang s'est prononcé vendredi pour que les étrangers résidant en France obtiennent le droit de vote aux élections locales, une mesure qui devrait figurer selon lui dans le préambule de la Constitution française.

"J'aimerais que le préambule de notre Constitution soit enrichi de dispositions nouvelles, notamment le droit de vote des résidents étrangers aux élections locales", a déclaré M. Lang lors d'un débat au forum citoyen organisé par le quotidien Libération à Grenoble.

Jack Lang fait partie du comité de réflexion sur une réforme des institutions installé par Nicolas Sarkozy, et présidé par Edouard Balladur, qui doit rendre un rapport préalable à une future révision de la Constitution.

"Je m'exprime en tant que moi-même", a tenu à préciser Jack Lang, et "je ne parle ni au nom du PS, ni au nom du comité de réflexion sur les institutions".

"Les résidents étrangers qui viennent hors de l'Union européenne et qui vivent depuis plus de cinq ans en France et paient leurs impôts doivent pouvoir voter aux élections locales", a indiqué M. Lang.

Interrogé pour savoir si sa participation, en tant qu'homme de gauche, à ce comité mis en place par le président de la République faisait de lui quelqu'un d'"instrumentalisé", Jack Lang a rétorqué avec vigueur: "je n'ai absolument pas ce sentiment".

"Je suis libre, je reste un député de l'opposition et je m'exprime librement comme député de l'opposition", a-t-il souligné.

"La réforme de la Constitution est un combat que je mène depuis très longtemps", a-t-il dit, en soulignant que "la Constitution est une maison commune de la République, elle n'appartient ni à un clan, ni à un parti".

Source : AFP

 

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Samedi 15 septembre 2007
par Comité Désirs d'Avenir de Mennecy

NCT

Le Medef a proposé aux syndicats un projet d'assouplissement des règles des contrats de travail, dans le cadre de la deuxième séance de négociations sur la réforme du marché du travail qui s'est ouverte vendredi 14 septembre à Paris, suscitant une salve de critiques syndicales.

"Le texte du Medef démontre l'acharnement patronal à obtenir une nouvelle forme de contrat de travail, copié sur le CNE, dont tous les syndicats demandent l'abrogation", a déploré Maryse Dumas (CGT), à son arrivée au Medef, au moment où les partenaires sociaux vont entrer dans le vif du sujet.

Le Medef veut "une période d'essai plus longue, la création d'un contrat de 'mission' et la modification des règles de rupture des contrats de travail, mais rien ne prouve que cela résoudra les problèmes de l'emploi et de la précarité", a-t-elle expliqué, appelant le patronat à "bouger".
De son côté, Alain Lecanu (CFE-CGC) a jugé le texte du Medef "scandaleux sur la forme et sur le fond".

" Un peu chaude "

"On va commencer par le seul point qui les intéresse, le contrat de travail, ce qui va accroître l'insécurité des salariés. Il faudrait plutôt commencer par l'insertion des jeunes dans l'emploi, alors que les employeurs se plaignent que les jeunes ne sont pas formés à l'entreprise", a-t-il ajouté.
La séance de négociation pourrait être "un peu chaude", selon les syndicats.

Dans une "note de problématique" transmise jeudi aux syndicats, le patronat (Medef, CGPME, UPA) propose de créer "une période d'essai cohérente" et "suffisamment longue" pour "réduire le recours au CDD à l'embauche".
Il suggère aussi d'instaurer "un CDI conclu pour la réalisation d'un objectif précis", avec une clause prévoyant la fin automatique du contrat une fois achevée la mission du salarié, ainsi qu'"un aménagement du CDI", qui pourrait comporter "une étape de validation économique répondant à l'incertitude des entreprises".

Source : Nouvelobs.com



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Samedi 15 septembre 2007
par Comité Désirs d'Avenir de Mennecy

Dsc04686 Ce banquier central d’un pays de la zone euro ne cache pas sa colère : « que veut Nicolas Sarkozy ? Faire exploser l’euro ? A-t-il un agenda caché ? » Les nouvelles attaques contre la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et la gouvernance économique de l’eurozone menées, sabre au clair, par le chef de l’État, ont consterné, et le mot est faible, les ministres des Finances et les banquiers centraux des Vingt-sept réunis à Porto, vendredi et samedi. Alors que la situation des marchés financiers demeure plus que précaire, après la crise du crédit immobilier spéculatif, Sarkozy a donné l’impression de verser de l’huile sur le feu au pire moment. Face au comportement jugé « irresponsable », selon le mot d’un participant, du Président français, les grands argentiers et les banquiers centraux ont serré les rangs.

Selon Le Monde daté de dimanche/lundi, le chef de l’État a jugé que le Président de la BCE, Jean-Claude Trichet, et le président de l’Eurogroupe et Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, n’avaient pas été à la hauteur dans la gestion de la crise financière de l’été. « Quelle initiative a prise » Juncker, s’est-il interrogé devant quelques journalistes, dans l’avion qui le conduisait vendredi en Hongrie ? « Sur le capitalisme financier, c’est Angela Merkel et moi qui menons le débat. Il n’est pas absurde que le président de l’Eurogroupe s’interroge ».

Certes, la BCE, pour rassurer les marchés, n’a pas augmenté ses taux d’intérêt le 6 septembre dernier, contrairement à ce qui était prévu, « mais j’ai trouvé curieux d’injecter des liquidités sans baisser les taux ». Pour le chef de l’État, « on a fait des facilités pour les spéculateurs, on complique la tâche pour les entrepreneurs ». Ravi de ses « coups de boutoir », comme il le dit lui-même au Monde, il ne s’est pas arrêté en si bon chemin : il a accusé Peer Steinbrück, le grand argentier allemand avec lequel il a eu une vive prise de bec le 9 juillet dernier (Libération du 13 juillet) d’avoir une « vision comptable des choses ». « Que la croissance soit à 1,9 % ou 2,3 %, au fond cela ne change pas grand-chose, car, ce que je veux, c’est 3 % »

Jean-Claude Juncker s’est gentiment moqué de son homologue : « je ne commente pas les propos enDsc04690 l’air. Ils ont bien été tenus dans un avion, non ? » Et, montrant ses magnifiques bretelles : « je les ai mises pour me les faire remonter par Sarkozy », s’est-il esclaffé devant quelques journalistes… Le président de la Bundesbank, Axel Weber, lui, a réagi avec un mépris à peine déguisé, les Allemands n’ayant pas l’habitude de plaisanter avec la monnaie : « le degré de nouveauté des propos du Président est nul, leur influence sur les décisions de la BCE l’est aussi ». Peer Steinbrück, lui, a rappelé que « l’action de la BCE a été très largement saluée ici ». Le ministre des finances autrichien, Wilhelm Molterer, considère aussi que « la BCE agit de façon appropriée, correcte ». Et de souligner : « il est dans l’intérêt de tous de soutenir la BCE, c’est ce que je fais et je pense que tout l’Eurogroupe le fait également ».

Même Christine Lagarde, la ministre française, a déclaré à un journaliste de Reuters que « la BCE est une institution indépendante, il n'y a pas de débat à ce propos, et nous sommes tous très contents de ce que la BCE a fait cet été face (...) aux turbulences sur les marchés financiers ». Mais il est vrai que la déclaration a été faite vendredi, avant que les déclarations de Sarkozy ne soient connues...

Diplomatiquement, Jean-Claude Trichet s’est dit surpris des propos du Président : la semaine dernière, a-t-il rappelé, « il a dit qu’il approuvait » la décision de son institution de maintenir les taux d’intérêt inchangé, et même, a-t-il ironisé, « qu’il pensait que c’était grâce à son influence ». Pourquoi un tel Dsc04711 changement de ton ? Il a aussi rappelé que, durant la crise financière, Jean-Claude Juncker et lui-même avaient été en contact permanent, contrairement à ce que semble penser le Président français.« Notre action depuis le 9 août dernier a été sage, rapide, conduite avec sang-froid. Cela a été salué unanimement ici », a estimé Trichet.

Ce qui a frappé tout le monde à Porto, c’est l’incroyable amateurisme de Sarkozy qui ne semble pas savoir de quoi il parle. Ainsi, les centaines de milliards d’euros de prêts à très court terme accordés aux banques par la BCE ont déjà été récupérés et n’avaient pour objet que d’éviter l’implosion du système bancaire, qui aurait nui gravement à l’ensemble de l’économie, et non d’aider les « spéculateurs ». Trichet l’a souligné :  « le monde entier sait que nous avons lutté contre la spéculation et les spéculateurs »

La Banque d’Angleterre vient d’ailleurs de démontrer que sa réticence à injecter des liquidités dans le système se paye cash : elle a dû intervenir en urgence pour sauver de la faillite la banque Northern Rock, sans parvenir à enrayer la panique des petits épargnants. Rien de tel dans la zone euro. De même, considérer qu’une baisse de la croissance de 0,5 % n’est pas grave, car on vise 3 % l’an est un raisonnement qui en a laissé plus d’un bouche bée. Enfin, chacun se demande si le Président a conscience qu’il fait de la politique à crédit, sur le dos de ses partenaires : si le franc existait encore, ses déclarations auraient déclenché une crise monétaire grave qui aurait coûté cher à la France.

Au final, la sortie de Sarkozy ne fait que souligner davantage le total isolement de la France sur les sujets monétaire et financier. Certains voient dans les déclarations de Sarkozy l’influence de son « conseiller spécial », le souverainiste Henri Guaino qui se comporte en véritable ministre « fantôme » de l’Économie et des Finances. La question est désormais sur toutes les lèvres : à quoi sert Christine Lagarde qui s’est, une nouvelle fois, retrouvée désavouée et en porte-à-faux vis-à-vis de ses collègues ?


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