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Jack Lang a lancé jeudi un nouveau pavé dans la mare, réclamant la démission "collective" de la direction du PS, injonction qui déstabilise un peu plus un parti déjà mis à mal par
ses défaites électorales, mais la direction a dénoncé le geste d'un homme "isolé".
Sur le point d'accepter une mission proposée par Nicolas Sorkozy pour la réforme des institutions, malgré l'interdit opposé par la direction du parti, l'ancien ministre, qui a claqué mercredi la porte des instances dirigeantes, a dénoncé une "crise très grave" au PS.
"Il faut revenir devant les militants pour qu'"ils tranchent après un débat de plusieurs mois", propose le député du Pas-de-Calais qui dénonce le "caporalisme" de la direction. M. Lang, n'avait toutefois pas objecté, lors du Conseil national (parlement du parti) le 23 juin, au calendrier de rénovation qui a fixé à 2008 le prochain congrès.
Au PS, on dénonce une saute d'humeur. Le strauss-kahnien Pierre Moscovici ironise ainsi sur le côté "commedia dell'arte" de l'ancien ministre de la culture qui avait commencé son action publique "dans le théâtre".
Jack Lang "est totalement isolé", sa décision est celle d'un homme "tout seul", il "n'a aucune légitimité", son opinion "n'engage que lui", tonne Stéphane Le Foll, directeur de cabinet du premier secrétaire François Hollande.
"ll n'y a pas de crise au Parti socialiste", assure l'eurodéputé, rappelant que le bureau national du parti avait voté "à l'unanimité" mardi une motion exigeant la suspension de toute personnalité participant à une commission gouvernementale sans l'aval du parti.
Mais le climat est délétère au PS, pris en étau entre l'"ouverture" de Nicolas Sarkozy - qui a inclus six personnalités socialistes ou de gauche dans son gouvernement-, l'état de grâce dont bénéfice le chef de l'Etat - 67% d'opinions positives chez les Français et 43% d'électeurs de gauche, selon un dernier sondage-, et les états d'âmes de ses ténors.
Dominique Strauss Kahn a préféré tenter sa chance auprès du Fonds monétaire international, Laurent Fabius a démissionné du bureau national. "Mais Fabius est très présent dans les débats" en vue de la rénovation, rétorque-on dans l'entourage de François Hollande.
Quant à Ségolène Royal, elle a refusé de commenter les derniers soubresauts et prépare une "autocritique" de sa campagne pour la rentrée.
Jeudi au Ps, l'appel de Jack Lang avait fait peu d'émules, seul Gaëtan Gorce, député de la Nièvre, qui s'était déjà opposé au calendrier, a estimé que la direction devrait "remettre son mandat à disposition des militants".
Jean Glavany, proche de Lionel Jospin, n'a pas eu de mots assez durs pour dénoncer le "narcissisme médiatique" de dirigeants qui ont "l'obsession de faire parler de soi" et tombent "à pieds joints dans les pièges tendus par M. Sarkozy".
Il aimait "trop la lumière" et ne supportait pas "d'être loin de l'Elysée, là où est le pouvoir", a accusé aussi Pierre Moscovici.
Moins sévère, le fabiusien Claude Bartolone affirme "comprendre" que "Jack soit en colère". "Il a mal ressenti la manière dont il a été un peu rabroué par le bureau national", souligne-t-il.
Il lance un appel "au calme". "Les militants ne supportent plus d'avoir le sentiment d'un PS au bord de la crise de nerfs", affirme-t-il.
Le PS espère que l'étau se désserrera à la rentrée. Il table sur une mobilisation contre la politique "libérale" de Nicolas Sarkozy.
Elahe MEREL / AFP
