Vendredi 13 juillet 2007
par Comité Désirs d'Avenir de Mennecy

J L

Jack Lang a lancé jeudi un nouveau pavé dans la mare, réclamant la démission "collective" de la direction du PS, injonction qui déstabilise un peu plus un parti déjà mis à mal par ses défaites électorales, mais la direction a dénoncé le geste d'un homme "isolé".

Sur le point d'accepter une mission proposée par Nicolas Sorkozy pour la réforme des institutions, malgré l'interdit opposé par la direction du parti, l'ancien ministre, qui a claqué mercredi la porte des instances dirigeantes, a dénoncé une "crise très grave" au PS.

"Il faut revenir devant les militants pour qu'"ils tranchent après un débat de plusieurs mois", propose le député du Pas-de-Calais qui dénonce le "caporalisme" de la direction. M. Lang, n'avait toutefois pas objecté, lors du Conseil national (parlement du parti) le 23 juin, au calendrier de rénovation qui a fixé à 2008 le prochain congrès.

Au PS, on dénonce une saute d'humeur. Le strauss-kahnien Pierre Moscovici ironise ainsi sur le côté "commedia dell'arte" de l'ancien ministre de la culture qui avait commencé son action publique "dans le théâtre".

Jack Lang "est totalement isolé", sa décision est celle d'un homme "tout seul", il "n'a aucune légitimité", son opinion "n'engage que lui", tonne Stéphane Le Foll, directeur de cabinet du premier secrétaire François Hollande.

"ll n'y a pas de crise au Parti socialiste", assure l'eurodéputé, rappelant que le bureau national du parti avait voté "à l'unanimité" mardi une motion exigeant la suspension de toute personnalité participant à une commission gouvernementale sans l'aval du parti.

Mais le climat est délétère au PS, pris en étau entre l'"ouverture" de Nicolas Sarkozy - qui a inclus six personnalités socialistes ou de gauche dans son gouvernement-, l'état de grâce dont bénéfice le chef de l'Etat - 67% d'opinions positives chez les Français et 43% d'électeurs de gauche, selon un dernier sondage-, et les états d'âmes de ses ténors.

Dominique Strauss Kahn a préféré tenter sa chance auprès du Fonds monétaire international, Laurent Fabius a démissionné du bureau national. "Mais Fabius est très présent dans les débats" en vue de la rénovation, rétorque-on dans l'entourage de François Hollande.

Quant à Ségolène Royal, elle a refusé de commenter les derniers soubresauts et prépare une "autocritique" de sa campagne pour la rentrée.

Jeudi au Ps, l'appel de Jack Lang avait fait peu d'émules, seul Gaëtan Gorce, député de la Nièvre, qui s'était déjà opposé au calendrier, a estimé que la direction devrait "remettre son mandat à disposition des militants".

Jean Glavany, proche de Lionel Jospin, n'a pas eu de mots assez durs pour dénoncer le "narcissisme médiatique" de dirigeants qui ont "l'obsession de faire parler de soi" et tombent "à pieds joints dans les pièges tendus par M. Sarkozy".

Il aimait "trop la lumière" et ne supportait pas "d'être loin de l'Elysée, là où est le pouvoir", a accusé aussi Pierre Moscovici.

Moins sévère, le fabiusien Claude Bartolone affirme "comprendre" que "Jack soit en colère". "Il a mal ressenti la manière dont il a été un peu rabroué par le bureau national", souligne-t-il.

Il lance un appel "au calme". "Les militants ne supportent plus d'avoir le sentiment d'un PS au bord de la crise de nerfs", affirme-t-il.

Le PS espère que l'étau se désserrera à la rentrée. Il table sur une mobilisation contre la politique "libérale" de Nicolas Sarkozy.

Elahe MEREL / AFP

 

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Vendredi 13 juillet 2007
par Comité Désirs d'Avenir de Mennecy

rose

L'ancien ministre socialiste a adressé une lettre au Premier secrétaire du parti, expliquant qu'il ne se reconnaît plus dans les "méthodes de direction".

Pressenti pour intégrer la commission sur la réforme des institutions voulue par Nicolas Sarkozy, Jack Lang annonce, mercredi 11 juillet, dans un courrier à François Hollande qu'il quitte le secrétariat national du PS et qu'il suspend sa participation aux travaux du bureau national du parti.

"Aujourd'hui, je ne me reconnais plus à travers les méthodes de direction qui sont les tiennes. En conséquence, je te présente ma démission de secrétaire national et je suspends ma participation au travaux du bureau national", écrit l'ancien ministre de l'Education nationale dans ce courrier adressé au Premier secrétaire du PS.

Commission gouvernementale

Mardi soir, le bureau national du PS avait adopté à l'unanimité une résolution qui prévoit que tout socialiste qui intégrera une commission créée par la droite le fera à titre individuel et sera suspendu des instances nationales du parti. Une décision qui vise Jack Lang, sans le nommer.

Dans ce courrier, Jack Lang ne précise pas à ce stade s'il compte intégrer la commission sur les institutions, laissant toutefois la porte ouverte. Il devrait donner sa réponse après le discours du chef de l'Etat sur les institutions jeudi à Epinal (Vosges).

Source : Nouvelobs.com avec AP

 

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Vendredi 13 juillet 2007
par Comité Désirs d'Avenir de Mennecy

LPS

Voilà Jack Lang et les socialistes sarko-compatibles prévenus: le bureau national du PS a procédé mardi à l'unanimité à un ferme rappel à l'ordre en prévenant ceux des siens qui seraient séduits par les sirènes sarkozystes et envisageraient d'intégrer une commission créée par la droite qu'ils seraient "suspendus" des instances.

Déboussolé par l'"ouverture" de Nicolas Sarkozy, qui a déjà intégré plusieurs socialistes à son gouvernement, confié des missions à d'autres, appuyé Dominique Strauss-Kahn pour le FMI et lorgnerait sur Jack Lang, le PS espère arrêter l'hémorragie.

"Toute personnalité du PS qui choisira de participer à une commission quelle qu'elle soit le fera à titre personnel" et "sera suspendue des instances du PS auquel (elle) appartient", dont le bureau national et les deux groupes parlementaires, a annoncé Stéphane Le Foll, directeur de cabinet de François Hollande, au terme de la réunion hebdomadaire du "BN". Il a précisé qu'il s'agirait de suspensions à titre temporaire.

"J'ai demandé aux socialistes d'être groupés, rassemblés, unis" et "de jouer collectif", a martelé le Premier secrétaire François Hollande en marge de la réunion. "C'est une clarté que nous devons apporter au débat public. On voit bien que derrière ces constitutions de commissions, de missions, Nicolas Sarkozy essaie de jouer, d'instrumentaliser".

Un rappel à l'ordre qui s'adresse en priorité à Jack Lang, pressenti pour intégrer la commission sur la réforme des institutions voulue par le chef de l'Etat. L'ancien ministre de l'Education n'a pas encore donné sa réponse, attendant le discours sur les institutions de Nicolas Sarkozy jeudi. D'ores et déjà, François Hollande a riposté en demandant au président de créer une commission pluraliste issue du Parlement, et non désignée ex nihilo, afin que le PS puisse choisir ses membres.

S'il n'était pas entendu par l'Elysée, François Hollande a assorti sa demande d'un "avertissement", rappelant qu'il faut recueillir la majorité des trois cinquièmes du Parlement réuni en congrès à Versailles pour faire adopter une réforme constitutionnelle. Or, la majorité UMP et Nouveau centre n'atteint pas ce seuil à elle seule.

Soucieux de ne pas paraître sectaire ni fermé au dialogue, le Premier secrétaire du Parti socialiste a promis que le PS répondrait présent "chaque fois" qu'il pourra être associé à une réflexion ou à une commission. "Mais il faut être aussi respectueux des formations politiques, il ne faut pas essayer de jouer avec tel ou tel", a-t-il grondé.

Réuni le jour même de la désignation de Dominique Strauss-Kahn comme candidat de l'UE pour la direction générale du FMI, le PS a tenu à souligner que ce rappel à la règle ne s'adressait aucunement à lui, distinguant son cas de celui des "soldats perdus". "On n'est pas du tout dans le même sujet", a insisté Stéphane Le Foll, apportant "tout le soutien" du PS à l'ancien ministre de l'Economie.

"Ce n'est pas la même chose de rendre un service dans une fonction très importante internationale et de confondre la droite et la gauche", a lâché le maire de Paris Bertrand Delanoë. "S'il nous manquera ici, il sera utile ailleurs", a sobrement félicité le patron du PS.

Rare voix discordante dans ce concert de félicitations, le sénateur Jean-Luc Mélenchon redoutait une recrudescence de la "pagaille" au PS avec la candidature de DSK au FMI. "Je suis un socialiste un peu intraitable, déjà je me demande ce qu'on va faire à la tête du FMI, en quoi c'est très socialiste de le faire", s'interrogeait-il.

Le député de la Nièvre Gaëtan Gorce, lui, philosophait: "Prendre un peu de recul n'est pas forcément la plus mauvaise des solutions dans la situation qui est celle du PS aujourd'hui..."

Nathalie Schuck / AP

 

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Vendredi 13 juillet 2007
par Comité Désirs d'Avenir de Mennecy

FMI

Les ministres des Finances des 27 pays membres de l'UE s'entendent pour soutenir la candidature de Dominique Strauss-Kahn à la direction du Fonds monétaire international.

'Union européenne apporte, mardi 10 juillet, son soutien à la candidature de Dominique Strauss-Kahn au poste de directeur général du Fonds monétaire international (FMI), annonce la présidence portugaise de l'UE.

"Les ministres des Finances de l'UE soutiennent la candidature de Strauss-Kahn", a déclaré un porte-parole du ministre portugais des Finances, Fernando Teixeira dos Santos, en marge d'une réunion avec ses homologues des Vingt-Sept.

Le Portugal a pris acte de ce soutien à la candidature de l'ancien ministre français de l'Economie et des Finances à la succession de l'Espagnol Rodrigo Rato, qui cessera ses fonctions en octobre prochain après avoir démissionné.

La Pologne a défendu la candidature de son ancien Premier ministre Marek Belka, mais n'a pas obtenu de soutien.

" Chasse gardée "

Le poste revient traditionnellement à un Européen, la Banque mondiale étant selon un accord tacite une "chasse gardée" américaine, mais les pays émergents veulent remettre en cause ce partage des plus hautes fonctions internationales.

A Washington, le conseil d'administration du FMI a indiqué lundi que n'importe quel pays pouvait présenter une candidature.

"Toute les candidatures peuvent être posées, sans conditions de nationalité" dit le FMI dans un communiqué de presse.

Pays émergents

Au nom de sa politique d'ouverture, le président français, Nicolas Sarkozy, a proposé le nom de Dominique Strauss-Kahn mais les Français ont présidé aux destinées du FMI pendant 32 des 52 années d'existence de cette institution financière.

Le Français Michel Camdessus, qui a dirigé le FMI pendant 12 ans, avait clairement pris en compte ce nouveau rapport des forces dans son discours d'adieu en 2000.

"Une telle répartition se justifiait en 1950, quand le reste du monde n'était pas représenté ici (à Washington), à part quelques pays d'Amérique latine. Aujourd'hui, les pays émergents sont sur le devant de la scène, aujourd'hui les pays les plus pauvres doivent avoir leur mot à dire", déclarait-il.

Source : Reuters

 

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Vendredi 13 juillet 2007
par Comité Désirs d'Avenir de Mennecy

AMPPS

Ex-porte-parole de Ségolène Royal, député de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg commente les effets de l’ouverture, livre son diagnostic sur la défaite et l’état du PS et ses pistes pour la rénovation de son parti et de la pratique institutionnelle.

Pourquoi le PS a-t-il autant de mal à résister à l’ouverture de Nicolas Sarkozy ?

C’est le symptôme d’un parti qui a excessivement cultivé le goût de l’intérêt plutôt que l’amour des convictions. Mais c’est aussi la preuve de la faiblesse structurelle du pouvoir sarkozien. Organiserait il un mercato généralisé des compétences et des talents s’il était sûr que ses propres forces suffisent à lui assurer le soutien durable de l’opinion publique ?

Le cas de Dominique Strauss-Kahn, soutenu par la présidence pour la direction du FMI, est gênant pour le PS.

C’est un choix personnel. S’il préfère se soustraire à l’effort qu’il nous faudra tous faire pour recréer une offre politique digne de ce nom à gauche, c’est l’expression de sa préférence, qui le prive malheureusement d’action collective et future.

Et Jack Lang ?

Jack Lang aurait dû demander un mandat au groupe socialiste. Dès lors qu’il n’a pas choisi de le faire avec nous, il reprend sa liberté. Et nous conservons la nôtre. Il devrait savoir qu’on ne peut faire une réforme institutionnelle sur un coin de table, avec quelques personnalités débauchées pour la circonstance.

Le parti n’est-il pas plus mal en point que jamais ?

La décomposition d’un système bâti il y a trente ans est une évidence. Il faut revenir sur les raisons de la défaite, d’abord liée au retard stratégique accumulé par le parti depuis une dizaine d’années, à l’incapacité d’écouter la société, de traiter les problèmes et de les affronter. L’immobilisme est devenu une loi de gestion politique au PS, qui préfère l’esquive plutôt que le traitement des questions. Il y a aussi un deuxième retard, qui est organisationnel : notre parti a continué à vivre sur un système à fracturations multiples de chapelles, de courants et d’écuries. Il a cultivé la division plutôt qu’organisé la recherche des convergences. Ces deux facteurs ont participé à l’échec de notre campagne.

Exonérez-vous totalement la candidate de la défaite ?

Les responsabilités sont partagées. En positif, elle a ouvert des portes, déverrouillé un grand nombre de sujets pour l’avenir. En négatif, elle n’a pas su ou pu rassembler et faire travailler les forces disponibles.

Où en êtes-vous de votre soutien à Ségolène Royal ?

Je suis un loyal serviteur des causes que je défends. Cependant, les urgences, aujourd’hui, ne sont pas posées en termes de leadership. La priorité, c’est la transformation de la donne politique à gauche, et ce travail prendra un peu de temps.

De ce point de vue, le calendrier proposé par François Hollande devrait vous satisfaire ?

Je ne l’ai pas approuvé, et m’y suis à grand-peine résigné.

La rénovation peut-elle venir du Parlement ?

Il n’est pas dit que tout serait tombé dans un bocal de formol. La création d’un contre-gouvernement au groupe socialiste conforte notre image de parti de gouvernement, préparant l’alternance. J’ai d’ailleurs invité à la Fête de la Rose de Frangy-en-Bresse plusieurs membres du contre-gouvernement, de toutes sensibilités et trajectoires. C’est une manière d’ouvrir les portes des vieilles chapelles socialistes. On ne peut donc pas dire que tout soit immobile.

La pratique du pouvoir de Nicolas Sarkozy ne rend-elle pas difficile la tâche de l’opposition ?

La dérive institutionnelle dans laquelle le pays est engagé est organisée sans mandat du peuple, seul souverain en la matière. Quand les arbitrages budgétaires ne se font plus à Matignon, quand les conseillers de l’Elysée chaperonnent les ministres sans pouvoirs et quand le gouvernement est transformé en attaché parlementaire du président, ce sont les principes de la responsabilité, fondamentaux en démocratie, qui sont touchés. Ceux qui décident doivent rendre des comptes. Or, c’est de moins en moins le cas. Nous devons réagir et exiger du Président de très importants rééquilibrages qui ne soient pas de façade. On ne pourra pas se contenterde la présidence de la commission des finances.

D’ALLONNES DAVID REVAULT / Libération

 

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