Lundi 25 juin 2007
par Comité Désirs d'Avenir de Mennecy

rose

Où en est Ségolène Royal ? De moins en moins dans les instances du parti. Plus que jamais sur les extérieurs. «Là où je dois être», a-t-elle expliqué samedi depuis sa région Poitou-Charentes, où elle s'était dérobée à un conseil national du PS qui s'annonçait délicat pour elle. «Je suis dans la France paisible, aux côtés de personnes paisibles» , a-t-elle distillé entre signature d'un contrat régional de développement durable et visite d'un site magdalénien à Angles-sur-l'Anglin. Il y a des choses importantes dans la vie politique. Et le raout socialiste de samedi, à l'évidence, n'en faisait pas partie à ses yeux...

Le coup de com est habile, quoiqu'un peu téléphoné, qui consiste à mettre en scène son éloignement par rapport au vieux parti. Mais cette retraite picto-charentaise présente un autre avantage : éviter à Royal de subir les foudres d'un appareil qui lui est majoritairement hostile. Le PS était déjà échaudé d'avoir été maintenu à l'écart de sa campagne, puis tenu pour responsable de sa défaite. Les initiatives tous azimuts de Royal, ces deux dernières semaines, ont achevé de l'ulcérer, entre l'ostentatoire coup de téléphone à François Bayrou, le faire-part de sa rupture avec François Hollande en pleins résultats du second tour, ses attaques contre le projet socialiste ­ Smic à 1 500 euros et 35 heures ­ et, enfin, l'annonce de sa «probable» candidature à l'investiture pour 2012.
Fossé. Se heurtant de plein fouet, pour la première fois depuis sa désignation, au PS, à ses statuts et à sa majorité, Royal n'a qu'une seule issue : mettre en cause la légitimité de l'appareil en lui opposant celle du peuple militant. Lequel, aujourd'hui fort de 265 487 adhérents, l'avait choisie à 60 % en novembre. C'est pourquoi ses partisans ont exigé, sans l'obtenir, une consultation des adhérents sur le calendrier. Et demandent toujours, comme François Rebsamen, «que soit lancée une nouvelle campagne d'adhésions» : «N'ayons pas peur des adhérents. Ouvrons les portes et les fenêtres» , a lancé au conseil national l'ancien codirecteur de campagne de Royal, sous les sifflets et les huées. Une cartouche qu'a utilisée de nouveau Julien Dray, hier sur Radio J, décrivant le «fossé» existant «entre une sorte de petit état-major et la réalité militante du terrain» .
Equation. Cette stratégie du «fossé» n'a pas échappé à Hollande qui, dès samedi, anticipait sur l'offensive : «Je ne laisserai pas s'installer l'idée qu'il y aurait d'un côté les responsables et de l'autre les militants. Les responsables procèdent des militants», a-t-il rappelé, déplorant que «ceux qui ne se sont jamais comptés devant les militants viennent maintenant dire ce qu'il faudrait faire».
Hier, Claude Bartolone, proche de Fabius, a lui aussi fait feu sur ce thème au micro de France Inter : «Ségolène Royal continue à essayer de jouer l'opinion publique contre le PS. Là, elle nous a fait le coup de ces responsables brutaux qui sont réunis pendant qu'elle est dans la légèreté et l'authenticité de sa région.» Mais Royal n'en a cure. Le socialisme buissonnier ne suffisant pas à faire passer le message, elle s'est offert deux passages télé, hier, y flattant volontiers la base. «Le PS n'appartient pas à un groupe ou une minorité de personnes dirigeantes. Il appartient à tous les militants, a-t-elle martelé sur Canal +. Personne n'en est propriétaire, et certainement pas ceux qui sont à la tête des courants, qui ont été si destructeurs.» Avant de recommander «de faire voter les militants pour structurer la nouvelle pensée politique du socialisme du XXIe siècle» . Délicate équation qu'elle a désormais à résoudre : elle est contrainte, comme ses rivaux, de compter ses troupes pour peser dans le jeu interne du parti. Mais, surtout, de ne pas perdre son originalité.

David REVAULT D'ALLONNES / Libération

 

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Lundi 25 juin 2007
par Comité Désirs d'Avenir de Mennecy

Manuel valls

Manuel Valls, député PS de l'Essonne, a demandé lundi une consultation des militants socialistes afin qu'ils "tranchent les questions essentielles et imposent une nouvelle direction".

Sur France 2, il a regretté que lors de son conseil national samedi, le PS ait "préféré l'immobilisme, alors qu'il fallait répondre à la crise de projet, aux problèmes par rapport aux alliances et à la crise de leadership". "La majorité des socialistes a préféré attendre, c'est la plus mauvaise des solutions qui a été choisie", a-t-il dit.

"Il fallait nous donner les moyens d'une autre organisation qui nous sorte des luttes de clans, de courants, d'écuries présidentielles, qui paralysent le parti socialiste et qui le minent", a déclaré encore le député.

"Je demande qu'on consulte les militants", a-t-il ajouté, estimant que ce sont eux qui "peuvent rénover le parti socialiste".

"Il faut leur demander leur avis, qu'ils tranchent sur les questions essentielles, qu'ils imposent une nouvelle direction", a-t-il dit, vilipendant un appareil "replié sur lui-même, qui a peur de Ségolène Royal, qui a peur des adhérents".

Sur l'absence de Ségolène Royal au conseil national de samedi, il a estimé qu'"il vaut mieux participer à un travail collectif" mais que vu les critiques, "parfois injustes" entendues au conseil, "peut-être elle a eu raison de rester en Poitou-Charentes".

Il a estimé encore que, pour certains au PS, il y avait un "tout sauf Ségolène", ce qui expliquerait selon lui que "les principaux responsables du PS se sont rassemblés autour de François Hollande pour que rien ne bouge".

Manuel Valls a fait valoir néanmoins qu'il n'y a "pas de leader autoproclamé" au PS, considérant que ça n'a "aucun sens" de préparer déjà la présidentielle de 2012.

"C'est sur le fond que nous avons perdu, notre propre logiciel de pensée n'est plus adapté aux évolutions du monde et de la société", a-t-il affirmé.

Source : AFP



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Lundi 25 juin 2007
par Comité Désirs d'Avenir de Mennecy

"On ne réformera pas les universités en douce, à la sauvette, comme tente aujourd'hui de le faire le Gouvernement".

 

J'ai soutenu l'indépendance des universités. Je pense en effet que c'est aux universitaires de réfléchir par eux-mêmes aux modes d'organisation souhaitables. Chacun doit être dans son rôle :

- L'Etat doit fixer les objectifs à atteindre, qu'il s'agisse de la réussite des étudiants sur le marché du travail ou de la qualité de la recherche

- aux universités de les atteindre.

Je me réjouis donc que ce grand chantier, qui doit être non partisan, soit annoncé comme une priorité par le gouvernement.

Le Gouvernement n'a cependant pas choisi la bonne méthode, et ce faisant il met en péril le grand chantier de rénovation qui est nécessaire :

- Qui peut croire en effet qu'une loi réformant les universités puisse être faite à la sauvette, pendant l'été, alors que les principaux intéressés, les étudiants et les enseignants, sont absents ?…

- Qui peut croire que l'on puisse sans concertation autoriser la sélection, comme il est prévu de le faire au niveau des maîtrises, sans vérifier au préalable que cette réforme soit comprise, admise ?

- Qui peut décider de modifier les structures de gouvernance des universités sans prendre le temps de veiller à ce que les différentes catégories de personnels concernées soutiennent la démarche proposée ?

L'Université doit être réformée. L'autonomie peut être l'un des leviers de cette transformation, je l'ai affirmé durant la campagne. Mais on ne réformera pas les universités en douce, à la sauvette, comme tente aujourd'hui de le faire le Gouvernement, retrouvant des méthodes qui, sur d'autres sujets, le CPE, n'avaient guère réussi à son prédécesseur.

Moi je fais confiance à l'intelligence collective des acteurs du monde universitaire. Je ne m'en méfie pas. Je ne crois pas sage d'organiser dans leur dos une réforme essentielle à l'avenir du pays.
 
Signature Ségolène Royal

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Lundi 25 juin 2007
par Comité Désirs d'Avenir de Mennecy

Message de Ségolène Royal

 

1/ Le déficit public de la France s'élève à 2,6% du PIB fin 2006. La France a pris l'engagement devant la Commission Européenne, dans le cadre du "programme de stabilité des finances publiques françaises" présenté en janvier 2006 de réduire ce déficit à zéro (et donc de ramener les comptes à l'équilibre) en 2010.

Les hypothèses présentées pour atteindre cet objectif était à la fois une croissance de 2,25% par an en moyenne et une maitrise renforcée de la dépense publique.

2/ Cet engagement s'inscrit dans le cadre des régles européennes en la matière, respectées strictement par l'ensemble de nos grands partenaires européens [pour info, dans la zone euro, seuls l'Italie et le Portugal ne respectent aujourd'hui pas le ratio maximum de 3% de déficit/PIB].

3/ La Commission Européenne vient, le 13 juin dernier, de rappeler la France à l'ordre (par la voix de son Commissaire à l'économie, Joaquim Almunia).

Elle a ainsi indiqué que la stratégie budgétaire mise en oeuvre par Nicolas Sarkozy laisse entrevoir une aggravation des déficits et ne répond pas aux engagements pris.

Notamment, Nicolas Sarkozy a annoncé que la France ramènerait son déficit à zéro en 2012, et non plus en 2010. Ce décalage est "contraire à un accord de tous les pays de la zone euro conclu en avril 2007" a estimé la Commission.

Comment peut-on vouloir définir les règles pour vivre ensemble (le "mini-traité"), les imposer à tous, et au même moment ne pas les respecter soi-même ?...
 
Signature Ségolène Royal

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Lundi 25 juin 2007
par Comité Désirs d'Avenir de Mennecy

"TVA sociale : un impôt injuste socialement, sans effet d'allègement économique et qui peut être dangereux économiquement".

 

Le principe de la TVA sociale est de financer une partie des dépenses de protection sociale (maladie, retraites…) non plus par des cotisations sociales assises sur les salaires, mais par une hausse des taux de la TVA.

L'avantage de cette substitution serait essentiellement d'alléger la taxation du travail.

Or ce mécanisme est injuste socialement et ne permet pas d'atteindre l'objectif économique.

C'est tout d'abord un impôt injuste socialement. Prenons l'exemple de l'Allemagne, qui a instauré depuis le 1er janvier une TVA sociale en passant son taux de 16 % à 19 % et en réduisant d'autant les cotisations sociales des employeurs. Ce choix s'est traduit par une hausse des prix conjuguée à une stabilité des salaires. Les consommateurs allemands ont donc subi une perte de pouvoir d'achat. Ce seront les mêmes perdants en France. Et en premier lieu, les consommateurs qui ont des salaires modestes et qui consacrent la quasi-totalité de leur revenu à des achats quotidiens dont le taux de TVA est de 19,6 %. Ce sont les consommateurs qui sont frappés.

C'est ensuite un impôt sans effet d'allègement économique. En effet la TVA taxe la «valeur ajoutée», c'est-à-dire la somme des salaires et des profits. Or les entreprises financent leurs investissements par leurs profits (ces deux masses sont équivalentes) et les investissements sont déductibles de la TVA. La TVA ne frappant pas les investissements des entreprises, elle ne touche donc pas les profits. En pratique, cet impôt repose donc sur la seule masse salariale. Exactement comme les cotisations sociales! Réduire ces dernières pour alourdir la première n'aurait donc aucun effet d'allégement.

Enfin, et pour toutes ces raisons, la TVA sociale peut être dangereuse économiquement dès lors que la hausse de la TVA n'est pas répercutée à la baisse sur les prix de vente et que les consommateurs subissent de plein fouet une hausse des prix

 

Signature Ségolène Royal


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