Samedi 31 mai 2008
par Comité Désirs d\'Avenir de Mennecy
Face à l’offensive de Bertrand Delanoë en vue du congrès du PS, Ségolène Royal confie à «Libération» son état d’esprit et sa conception du Parti socialiste.
Recueilli par DAVID REVAULT D’ALLONNES
QUOTIDIEN : samedi 31 mai 2008
 
Comment expliquez-vous la brusque accélération de votre confrontation avec Bertrand Delanoë ?

Ce n’est pas une confrontation. Et d’ailleurs, je n’ai pas l’intention de me laisser enfermer dans un duel. En même temps, un débat est légitime dès lors qu’il correspond à de vrais choix.

Pourquoi avoir insisté sur vos différences concernant la question du libéralisme ?

Parce qu’il me semble utile de répondre sincèrement aux questions qui ont été posées à ce sujet. Les choses sont claires. Les libertés sont depuis longtemps intégrées au socialisme Mais aller jusqu’à dire comme l’a fait Bertrand : "je suis libéral", je crois que ça conduit à la confusion. Je pense qu’il y a déjà tellement à faire pour inventer le socialisme du XXIe siècle qu’il n’est pas utile d’aller prendre le vocabulaire et le concept de nos adversaires. Le débat central, c’est celui sur la démocratie, car comme disait Jaurès, le socialisme, c’est la démocratie jusqu’au bout.

Pourquoi avoir souligné la proximité du maire de Paris avec Lionel Jospin ?

Elle est réelle. Cette proximité avec l’auteur du livre qui s’appelle l’Impasse est-elle dénuée de signification ?

Que répondez-vous à ceux qui agitent le spectre d’un congrès de Rennes ?

Ce qui était abominable au congrès de Rennes, c’est que les militants se sifflaient, et ne s’écoutaient pas. Avec Bertrand et j’en suis sûr tous les autres dirigeants, nous sommes suffisamment responsables pour faire en sorte que le débat se fasse dignement et que les militants puissent voter sereinement. Je n’ai aucune inquiétude à ce sujet.

Selon les «reconstructeurs» (1), il faut absolument éviter la confrontation Delanoë-Royal…

Une fois de plus, ce n’est pas une confrontation. On ne peut pas empêcher des responsables socialistes de soumettre un texte aux militants ! Ceux-là, au fond, veulent que rien ne bouge, que tout reste comme avant. Si on craint le débat, d’ailleurs, où va-t-on ? Les socialistes peuvent être fiers de débattre publiquement de leur orientation politique. Quel autre parti en France le fait de façon aussi démocratique ? Aucun. Moi je veux un congrès serein et utile et je ferai tout pour cela.

Vous avez annoncé, le 16 mai, votre intention de prendre la tête du parti. Pourquoi cette date ?

C’était le juste moment. Mais je n’ai pas dit «prendre», au contraire, je veux offrir. Et faire, dans la cohérence de la campagne présidentielle des socialistes, une offre politique tournée vers l’avenir et sereinement soumise au vote des militants. C’est ne rien faire qui serait surprenant de ma part.

Ceux que vous avez soutenu vous soutiennent-ils à leur tour pour le congrès ?

Je n’ai jamais conçu la politique comme un troc. Les élus sont libres de leur choix. J’ai donné beaucoup de temps et d’énergie aux candidats aux municipales, quelle que soit leur sensibilité. Jamais je n’ai demandé en contrepartie un soutien pour le congrès. C’est ma façon de rendre ce qui m’a été donné et c’est toujours un honneur d’être sollicitée.

Vous ne semblez pas bénéficier de la même dynamique que lors des primaires de 2006. L’attentisme des grandes fédérations ne vous inquiète-t-il pas ?

Mais je ne suis nullement inquiète. Je travaille et ce sont les militants qui décideront. Ce qui est important, c’est de comprendre que nous, socialistes, et plus largement la gauche, nous sommes regardés par tous les Français inquiets de subir les crises et les dégâts de la politique de la droite. Ils se demandent si une autre politique est possible. Ce que j’affirme. C’est cela le véritable enjeu du congrès et celui de la mutation du parti. Les bons résultats des municipales ne doivent pas occulter la très forte abstention. Il y a un rejet de la droite, mais pas encore d’adhésion aux socialistes. Le travail à fournir est donc considérable.

Depuis le deuxième tour de la présidentielle, le temps n’a-t-il pas joué contre vous ?

La dynamique de la campagne présidentielle aurait pu, c’est vrai, être utilisée plus vite et plus fort par le PS pour engager le congrès, c’est-à-dire le débat d’idées dans la foulée des municipales. Mais inutile de polémiquer. Maintenant, il faut regarder devant.

Le calendrier du PS n’était-il pas conçu, justement, pour vous bloquer la route ?

La question n’est pas de savoir si ce calendrier est bon ou mauvais pour moi, mais pour le parti et, au-delà, pour notre capacité à répondre aux préoccupations concrètes qui tenaillent les Français. Et aujourd’hui, avec autant de candidats au premier secrétariat qu’à la Villa Médicis, nous donnons un spectacle un peu baroque ! Pendant ce temps-là, la droite démantèle les fondamentaux de la société française : durée du travail, santé, éducation, dans un contexte de très grave creusement des inégalités.

Qu’est-ce qui doit changer en priorité au PS ?

Nous ne devons pas rester entre nous. Les Français et en particulier les 17 millions d’électeurs qui ont voté pour nous à la présidentielle ont le droit de savoir comment s’organise la principale force d’opposition et de proposition du pays. Or, force est de constater que les procédures sont très complexes. Il y a urgence à les reconnecter avec la réalité. Quand je suis allé hier matin à La Rochelle revoir les pêcheurs pour m’assurer que les aides d’urgence de la région étaient bien versées aux familles en grande détresse, je me disais intérieurement qu’il faut vraiment que ce congrès empoigne à bras-le-corps le traitement de toutes les crises qui sont beaucoup plus profondes qu’on veut bien le dire.

Quel doit être le rapport du parti à ses militants ?

Le PS doit devenir le parti de toute la société française. Je pense que l’esprit d’innovation dont il a fait preuve dans la désignation interne en incitant de nombreux électeurs de gauche à nous rejoindre par une adhésion à 20 euros, a contribué fortement à nous ouvrir. Nous nous fixons l’objectif d’un parti à 700 000 adhérents. La question est de savoir comment y parvenir, comment être plus attractif, comment devenir le parti de toute la société. Je pense en particulier à tous les jeunes des quartiers populaires qui ont massivement voté à gauche à la présidentielle. Nous avons des efforts considérables à faire pour donner envie d’adhérer au PS. Il nous manque des employés, des ouvriers, des femmes et la France métissée à l’égard de laquelle je me sens une responsabilité particulière. Car c’est d’abord en pensant à tous ces jeunes plein d’espoir dont les regards qui m’imprègnent ne sont pas prêts de s’effacer, que je m’engage dans ce congrès.

La pratique, dans les sections et les fédérations, est pourtant loin de celle d’un parti de masse…

Mais les fédérations ne demandent que cela, j’en suis sûr. Enormément d’idées remontent des militants dans la consultation participative que nous avons lancée : simplifier les adhésions, déléguer aux fédérations des travaux thématiques et la responsabilité de certains sujets, ouvrir nos débats aux sympathisants, organiser des consultations régulières. Nul ne doit plus se méfier des nouveaux adhérents, au contraire.

Votre méthode de préparation du congrès, justement, avec une consultation militante, a été vivement critiquée…

Ce ne sont pas quelques critiques isolées qui font la pluie et le beau temps. Je ne connais aucun militant qui refuse d’être consulté ! J’apprécie aussi beaucoup que 25 premiers fédéraux se soient associés dès le départ à cette méthode participative. Par ailleurs, tout le monde sait qu’il n’y a pas d’incompatibilité entre le fait d’écouter et de fixer une ligne.

Quel est selon vous le problème numéro un du parti ?

Ce n’est pas en termes de problèmes que doit se poser la question. Je ne me situe pas en critique du passé. J’ai même eu l’occasion de dire que la direction actuelle avait préservé l’unité du parti contre vents et marées, ce qui est la condition sine qua non pour continuer à construire. Notre défi principal, redisons-le, c’est d’augmenter assez fortement le nombre et la diversité des adhérents. La société a changé, le rapport des citoyens aux institutions a changé, donc il est évident que les formes de militantisme aussi évoluent.

Y aurait-il un problème d’autorité au Parti socialiste ?

Comment nier que les citoyens, pas seulement les socialistes, sont secoués par les trop fréquentes cacophonies ? Et surtout par le non-respect du vote des militants. Aujourd’hui, il y a des propos trop choquants - comme comparer le parti à une pétaudière - qui peuvent être dits dans une impunité totale. Il ne s’agit pas de caporaliser le parti, c’est un problème d’autodiscipline, mais aussi de droits et devoirs. Et je sais que de nombreux militants ne sont pas choqués, bien au contraire, lorsqu’on parle de sanctions quand leur vote est bafoué.

Quelles sanctions imagineriez-vous ?

C’est l’investiture donnée par le PS qui permet d’être élu grâce au vote des militants et donc ce que les militants donnent, ils doivent pouvoir le reprendre si les règles adoptées collectivement ne sont pas respectées.

Comment envisagez-vous votre rôle de premier secrétaire ?

C’est d’abord avec une équipe l’incarnation d’un projet politique, d’un parti uni et renouvelé. C’est aussi préparer dès maintenant les prochaines échéances électorales européennes et régionales, notamment par la mise en valeur des actions menées par nos élus sur les territoires. On entend dire que ces batailles seront difficiles, c’est vrai et c’est pourquoi le congrès doit être réussi pour donner un véritable élan. Il faut donner de la visibilité à une équipe associant des responsables nouveaux mais aussi expérimentés, en harmonie avec les groupes parlementaires.

Vous évoquez un «collectif», mais vos concurrents vous critiquent sur votre pratique présumée solitaire de la politique…

On ne peut pas me reprocher à la fois d’être trop solitaire et trop participative ! Je suis entourée d’une très bonne équipe avec des fidélités au long cours. Les milliers de militants de Désirs d’avenir sont à 80 % membres du PS. Ma démarche participative prouve mon souci de l’écoute et du collectif. Ma conception de la politique est tout le contraire d’un exercice solitaire dont on voit bien d’ailleurs l’inefficacité et même le danger avec l’exemple omnipotent de Nicolas Sarkozy.

Au cas où vous ne seriez pas majoritaire, envisageriez-vous une motion de synthèse avec d’autres personnalités ?

La motion que nous présenterons sera soumise aux militants. C’est en fonction de leur choix et du contenu des différents projets que l’on pourra voir ce qui aura de la cohérence pour répondre aux attentes de la gauche et pour engager l’élan d’une alternance politique utile au pays.

(1) Les «reconstructeurs», qui se réunissent ce week-end à Paris, rassemblent les amis de DSK, Martine Aubry, Arnaud Montebourg et Laurent Fabius.


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Samedi 31 mai 2008
par Comité Désirs d\'Avenir de Mennecy
Révélée par «Libération», l’annulation d’une union par un tribunal au motif que la mariée n’était pas vierge fait l’unanimité contre elle. Seule Rachida Dati défend le jugement.
CHARLOTTE ROTMAN
QUOTIDIEN : samedi 31 mai 2008
 
Elisabeth Badinter parle de «honte», le PS dénonce un jugement «atterrant» qui «bafoue le droit des femmes». Patrick Devedjian (UMP) évoque une décision «inacceptable» qui «revient à intégrer la pratique de la répudiation dans le droit positif». Et son parti demande à la Chancellerie de déclencher «un recours» :l’annulation d’un mariage par le tribunal de Lille, parce que l’épouse avait menti sur sa virginité, provoque un vif débat. Dans ce concert de protestations qui unit féministes, associations antiracistes, gauche et droite, une voix reste isolée. Celle de Rachida Dati. «Le fait d’annuler un mariage est aussi un moyen de protéger la personne qui souhaite peut-être se défaire du mariage, parce que je pense que cette jeune fille […] a souhaité également, sans doute, se séparer assez rapidement», a commenté la Garde des sceaux.

Les raisons d’une annulation

X. et Y., musulmans, se marient à l’été 2006. La cérémonie s’achève très mal. Lors de la nuit de noces, l’homme découvre que son épouse n’est pas vierge comme il le croyait et comme elle le lui avait assuré. Dès le lendemain, il entame des démarches pour faire annuler le mariage. Devant la juge, Y. reconnaît qu’elle a menti et acquiesce à la demande de nullité.

La juge s’est appuyée sur l’article 180 du Code civil et a considéré que ce mariage avait été conclu «sous l’emprise d’une erreur objective», et qu’une telle erreur était «déterminante dans le consentement». Y. «a été présentée comme célibataire et chaste», relève le jugement. Il n’en était rien. Le tribunal donne raison au mari qui a considéré que sa «vie matrimoniale a commencé par un mensonge, lequel est contraire à la confiance réciproque entre époux». Le mari a été trompé sur la virginité de sa femme, considérée en l’occurrence (et non de manière absolue pour tous les candidats au mariage) comme «une qualité essentielle.»

Pourquoi ne pas avoir divorcé?

L’annulation du mariage permet d’en effacer les traces, alors qu’un divorcé le restera toujours. L’union n’a pas eu lieu. L’affront est gommé. Le marié retrouve une virginité. «Comme s’il n’y avait jamais rien eu» a-t-il expliqué à son avocat.

Recours ou pas recours?

Beaucoup réclament que la décision du tribunal soit contestée…sur le terrain du droit. Frédéric Lefèbvre, porte-parole de l’UMP et proche de Nicolas Sarkozy, demande «un recours dans l’intérêt de la loi pour dire le droit». Le procureur ne semble pas sur cette voie. Il a parlé d’une décision «assez conforme à la jurisprudence classique», et insisté sur le fait que les deux époux étaient «d’accord». Tout comme Rachida Dati, qui a défendu la décision lilloise mais n’a toutefois pas voulu préciser si elle était favorable ou non à un appel. Un «pourvoi dans l’intérêt de la loi» auprès de la Cour de cassation peut être envisagé une fois le délai d’appel d’un mois expiré.

Une décision discriminatoire?

Les féministes montent au créneau sur ce terrain. De fait, on ne pourra jamais prouver la virginité d’un homme.

Quelles conséquences?

Cette décision pourra-t-elle faire pression sur les candidates au mariage dans des milieux où on prône la chasteté avant le mariage? «Faisons attention à ce que cette jurisprudence va engendrer : demain il va y avoir une multiplication des nullités du mariage, on pourra avoir des jeunes filles qui pourraient subir des opérations chirurgicales pour se refaire l’hymen [lire page 4]», s’alarme Jean-Paul Delevoye, médiateur de la République. Faut-il changer la loi ? Pour Laurence Rossignol, secrétaire nationale aux droits des femmes du PS, c’est «urgent, avant que [cette décision] ne serve de point d’appui pour enfermer encore davantage les jeunes filles et les femmes.» Tout comme, Dominique Paillé porte-parole de l’UMP : «S’il y a eu stricte application de la loi, c’est que la loi n’est plus bonne, il faut la modifier.»Valérie Boyer, députée UMP, suggère «une loi visant à exclure la non-virginité comme cause déterminante du consentement».

Un jugement contraire à la laïcité?

Le jugement de Lille ne mentionne pas la religion des deux parties. Il se prononce de manière technique, pas sur des valeurs. Mais cette décision a été vue comme une atteinte à la laïcité. «A partir du moment où on rentre dans une appréciation relative en fonction des convictions religieuses, c’est un non-respect de la laïcité», a jugé le médiateur de la République. L’association Ni Putes ni Soumises s’est alarmée: «Nous marchons à grand pas vers une sacralisation du communautarisme par la justice, un glissement vers l’institutionnalisation du relativisme culturel!» Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la Ville, parle de «fatwa». «J’ai cru que l’on parlait d’un verdict rendu à Kandahar [fief taliban en Afghanistan, ndlr].»

La mariée libérée?

En pleine polémique, certains décèlent une bonne nouvelle. «Par cette décision, cette jeune femme est libérée de devoir supporter toute sa vie un abruti étriqué d’esprit. Que ce cas fasse jurisprudence ne peut que servir les femmes» écrit un internaute de Libération.fr qui se présente «d’origine maghrébine». Une autre ajoute : «Ayant été dans le même cas (sauf que mon ex-mari savait avant notre mariage que je n’étais pas vierge, mais il ne l’a jamais digéré) je pense que c’est un bon débarras pour cette dame.» Rachida Dati semble elle aussi de cet avis.


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Samedi 31 mai 2008
par Comité Désirs d\'Avenir de Mennecy

Le gouvernement prévoit le maintien de la durée légale du travail, mais aussi la possibilité de renégocier en entreprise plusieurs modalités des 35 heures, comme les repos compensateurs, selon un avant-projet de loi transmis aux partenaires sociaux, dont l'AFP a eu copie, mercredi 28 mai.

Cet avant-projet de texte sur la démocratie sociale et sur le temps de travail, qui s'articule en deux parties, transcrit dans la loi avec des changements la "position commune" sur la représentativité syndicale signée par la CGT, la CFDT, le Medef et la CGPME.

Le texte prévoit notamment qu'un syndicat, pour être reconnu représentatif, doit rassembler au moins 10% des voix aux élections professionnelles dans les entreprises et 8% au niveau de la branche et interprofessionnel.

Sur la représentativité syndicale, l'avant-projet de loi reprend "les critères figurant dans cette position commune, qui n'est pas un accord au sens juridique du terme" mais apporte "des précisions", affirme Xavier Bertrand mercredi dans Les Echos.

" Plus loin " que la " position commune "

Mais, sur le temps de travail, le gouvernement va "plus loin" que la "position commune", au motif que les signataires "n'ont pas voulu réellement se saisir de ce sujet", poursuit le ministre du Travail.

Ainsi, son texte prévoit qu'un accord collectif d'entreprise ou, à défaut, de branche permet également de fixer "les conditions d'assouplissement d'heures supplémentaires au-delà du contingent annuel ainsi qu'une contrepartie obligatoire au repos pour toute heure supplémentaire accomplie au-delà du contingent annuel".

Des tels accords seraient valables s'ils sont signés par des syndicats ayant recueilli "au moins 30% des suffrages" aux élections professionnelles ou si une ou des syndicats majoritaires en voix ne s'y opposent pas.

Selon l'avant-projet de loi, un accord d'entreprise ou de branche "peut prévoir le remplacement de tout ou partie du paiement des heures supplémentaires, ainsi que des majorations prévues, par un repos compensateur équivalent".

Présentation le 11 ou 18 juin

Un accord d'entreprise ou de branche pourrait aussi "définir les modalités d'aménagement du temps de travail [modulation des horaires, jours de RTT… ndlr] et organiser la répartition de la durée du travail sur tout ou partie de l'année".

L'avant-projet de loi permet aussi une extension du "forfait annuel" au-delà des seuls salariés itinérants, et une modification du "forfait jours" avec possibilité de se faire racheter les RTT avec une majoration de 10%, pérennisant une mesure de la deuxième loi pour le pouvoir d'achat de février 2008.

Une fois terminée la concertation en cours, le gouvernement envisage de présenter ce projet de loi le 11 ou le 18 juin en conseil des ministres pour un premier passage au parlement avant la fin juillet.

Source : Nouvelobs.com


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Samedi 31 mai 2008
par Comité Désirs d\'Avenir de Mennecy

FR 2

Le refus de Nicolas Sarkozy d'envisager une hausse de la redevance provoque la colère des parlementaires socialistes, qui espèrent être rejoints par leurs collègues communistes pour quitter la commission dès la semaine prochaine.

La réunion du groupe parlementaire socialiste a tranché. Sauf surprise de dernière minute, les parlementaires socialistes membres de la commission Copé devraient quitter ce groupe de réflexion réunissant parlementaires et professionnels de l'audiovisuel chargé de trouver de nouvelles recettes pour France Télévisions après l'annonce de la suppression de la publicité sur les chaînes publiques.

Cet éclat fait suite au refus clair et net de Nicolas Sarkozy d'envisager une hausse de la redevance, alors que la majorité des membres de la commission présidée par Jean-François Copé y étaient favorables.

Les quatre parlementaires socialistes en colère estiment que la commission Copé n'a plus de raison d'être après l'oukaze présidentiel. Ils espèrent être rejoints par leurs collègues communistes, pour quitter ensemble la commission dès la semaine prochaine, à l'occasion de la prochaine séance plénière. Michel Françaix, l'un des trois députés PS membres de la commission (avec Patrick Bloche et Didier Mathus) vient tout juste de publier un communiqué, dans lequel il indique avoir "proposé au groupe socialiste d'attendre la semaine prochaine après la séance plénière du 4 juin pour prendre définitivement position sur la présence des parlementaires socialistes au sein de la commission Copé".

Mais l'issue ne fait guère de doute : les socialistes devraient claquer la porte. "Le renforcement du service public étant ma priorité majeure, je souhaite voir si, après l'annonce de Nicolas Sarkozy hier, Jean-François Copé sera capable de donner des garanties financières qui aillent dans ce sens, quoique j'en doute fortement", assène Michel Françaix. Selon un autre parlementaire socialiste, la décision de quitter la commission Copé a été formellement prise et sera officiellement annoncée la semaine prochaine. "Nous allons poser des questions à Jean-François Copé sur le financement de France Télévisions, mais je doute fort que nous obtenions des réponses, donc, à moins d'un miracle, nous allons quitter la Commission", fait-on valoir de source proche du PS.

Hier, à l'annonce du refus présidentiel de toute revalorisation de la redevance, Patrick Bloche avait donné le "La", estimant que la commission Copé avait "perdu sa raison d'exister". "On voit de façon criante qu'à l'heure d'aujourd'hui l'audiovisuel public sans publicité n'est pas financé et que tout le travail patient de la commission Copé depuis plusieurs mois se trouve complètement balayé par les déclarations du président de la République", avait-il dit à l'AFP.

Aujourd'hui, Jean-François Copé a lancé "un appel solennel" aux parlementaires socialistes en leur demandant de "réfléchir avant de prendre une décision définitive". "J'ai la conviction que nous avons toutes les raisons de continuer à travailler ensemble pour remettre au président de la République un rapport complet, équilibré et audacieux" dans un mois, a-t-il déclaré à l'AFP.

Reste à savoir quelle sera la position des autres membres de la Commission, notamment des professionnels de l'audiovisuel, qui eux aussi s'étaient majoritairement prononcés en faveur d'une hausse de la redevance.

Source : Les Echos



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Samedi 31 mai 2008
par Comité Désirs d\'Avenir de Mennecy

OLIVIER DE LAGARDE

Nous sommes en direct à proximité du bureau du boulevard Raspail à Paris. Bonjour Ségolène ROYAL.

SEGOLENE ROYAL

Bonjour.

OLIVIER DE LAGARDE

Présidente socialiste de la région Poitou-Charentes, ancienne candidate à la présidence de la République ; candidate officielle à la direction du PS, on va y venir dans quelques minutes ; mais commençons par la prestation radiophonique de Nicolas SARKOZY ce matin. Sur la question du pouvoir d’achat et du prix des carburants, Nicolas SARKOZY a proposé de consacrer les recettes supplémentaires de TVA générées par la hausse des carburants à un fonds destiné à alléger la facture des plus modestes. Ca c’est une bonne idée pour vous ?

SEGOLENE ROYAL

J’allais dire il est temps… Ca fait des mois que nous souffrons de la hausse des prix du carburant, des mois que je demande la baisse de la fiscalité sur le prix de l’essence. Vous savez que sur un litre d’essence, on paie 60% d’impôt, donc c’est un système qui ne va pas. Il y avait avant un système automatique qui permettait de baisser l’impôt lorsque le prix de l’essence augmentait, donc directement à la pompe, l’essence était moins chère. Il y a une autre solution, encore faut-il voir quand est-ce qu’elle sera mise en œuvre, à quel moment les gens vont récupérer cette prime à la cuve etc…

OLIVIER DE LAGARDE

Vous pensez que c’est un effet d’annonce ?

SEGOLENE ROYAL

Vous savez, on a tellement été échaudé par les annonces par rapport aux résultats ; s’il y a des mesures qui vont dans le bon sens, tant mieux mais actuellement tant qu’elles sont verbales… j’attends de voir. Il y aurait eu un système beaucoup plus simple qui aurait consisté à baisser la fiscalité sur le prix de l’essence pour qu’à la pompe, l’essence soit moins chère parce que je vois que Nicolas SARKOZY est allé à Rungis ; il était attendu aussi auprès des pêcheurs, vous savez qu’il leur avait fait beaucoup de promesses, ces promesses n’ont pas été tenues, donc il y a une situation dramatique. J’ai montré l’autre jour une fiche de salaire d’un pêcheur qui en dix jours de mer a gagné cinq euros, vous m’entendez ? 5,80 euros en dix jours de mer, c'est-à-dire en plus un métier difficile et dangereux. Il y a les ouvriers de Gandrange qui sont toujours frappés par une délocalisation, là aussi qui attendent toujours que les promesses qui ont été faites du maintien de l’usine d’ARCELOR MITTAL soient effectivement concrétisées. Donc attention à ces annonces qui ne sont pas suivies d’effets.

OLIVIER DE LAGARDE

Alors autre annonce ou plutôt confirmation, Ségolène ROYAL, la durée hebdomadaire légale du travail restera à 35 heures ; c’est quelque chose auquel vous étiez attachée ?

SEGOLENE ROYAL

Je crois que dans le contexte actuel de montée de la précarité, du chômage à temps partiel, des bas salaires, je pense que c’était une provocation que d’annoncer qu’en plus la durée du travail allait augmenter alors même qu’il y a tant de salariés qui subissent le chômage partiel et qui voudraient bien travailler plus longtemps à commencer par les caissières de supermarchés où là aussi Nicolas SARKOZY avait promis de résoudre leurs problèmes – je vois que les grandes surfaces n’ont jamais gagné autant d’argent et le problème du salaire et de la précarité des caissières n’est toujours pas résolu.

OLIVIER DE LAGARDE

Parlons un petit peu du Parti socialiste, si vous le voulez bien, et de ce débat que vous avez eu finalement à distance avec Bertrand DELANOË au sujet du libéralisme. Vous avez déclaré, je vous cite : « Le mot libéralisme est le mot de nos adversaires politiques. Je ne pourrai jamais dire, comme a dit Bertrand DELANOË, je suis libérale. » Alors, en attendant ça, j’ai tout de même sursauté, j’ai repris mon numéro du POINT daté du 27 mars où vous déclariez, je vous cite là encore : « Le libéralisme politique est depuis l’origine indissociable du socialisme démocratique. Les véritables héritiers de la belle tradition du libéralisme démocratique, ce sont tous ceux qui, à gauche, savent combien les libertés politiques sont fragiles. » Finalement, vous dites la même chose que Bertrand DELANOË !

SEGOLENE ROYAL

Non. Pas du tout. Au contraire, vous venez exactement de lire ce que j’ai dit, il faut lire la phrase qui suit et qui dit…

OLIVIER DE LAGARDE

Ah, j’ai tout lu !

SEGOLENE ROYAL

Non, non, la phrase qui suit, qui est dans ce livre que vous venez de citer. Je dis ensuite : « L’idéologie du libéralisme économique du laisser-faire, du laisser-aller, qui permet la loi du plus fort, qui permet d’écraser les plus faibles, celle-ci ne convient pas. » Ce que je veux dire par là…

OLIVIER DE LAGARDE

Mais c’est ce que dit également Bertrand DELANOË !

SEGOLENE ROYAL

Je crois que la question que vous posez est une question extrêmement importante, qui ne se résout pas à un dialogue entre deux personnes. Je crois que les Français ont le droit de savoir au nom de quoi la politique agit et au nom de quelles valeurs. Les valeurs qui sont les miennes sont les valeurs du social, mais un social modernisé bien sûr, qui n’est pas opposé à la performance économique. Au contraire, je pense, contrairement à ce que dit le libéralisme économique, qui aujourd’hui a fait autant de dégâts, écoutez, on apprend aujourd’hui, ce matin, que les patrons du CAC 40 ont augmenté leurs rémunérations de plus 58 %, attendez, plus 58 % ! Il n’y a jamais eu autant de misère et de précarité en France. Attendez, voilà, le libéralisme économique…

OLIVIER DE LAGARDE

J’entends bien…

SEGOLENE ROYAL

Attendez. Donc, ce n’est pas la peine d’aller chercher des mots qui correspondent à des idéologies qui font aujourd’hui tant de dégâts dans le monde, y compris le problème du réchauffement planétaire…

OLIVIER DE LAGARDE

Vous avez des valeurs qui sont différentes de celles de Bertrand DELANOË aujourd’hui ? Vous avez vraiment cette impression là ?

SEGOLENE ROYAL

Ce que je pense… Une fois de plus, ce n’est pas le problème, ne réduisons pas ce sujet à un débat entre deux personnes. Ce que je pense aujourd’hui, c’est qu’il y a déjà tellement à faire pour redonner au socialisme tout son sens, toute sa modernité, toute son efficacité. Je pense, moi, que le socialisme peut être une idée neuve aujourd’hui pour le 21ème siècle. Pourquoi ? Parce qu’on n’a jamais eu autant besoin de social. Pourquoi ? Parce que je pense que les valeurs humaines doivent l’emporter sur les valeurs financières. Pourquoi ? Parce que je pense que la question éducative est une question majeure et qu’un pays n’a pas le droit d’en rabattre sur ses exigences éducatives. Donc, ce n’est pas la peine d’entraîner une confusion idéologique en allant chercher un mot qui appartient à nos adversaires politiques, qui appartient à la droite et dont l’application a fait autant de débats. Mais il ne faut pas confondre ça avec les libertés individuelles qui, comme je l’ai écrit dans le passage que vous citiez tout à l’heure, ont toujours fait partie du socialisme. JAURES – parce que vous l’avez cité – disait : « Le socialisme, c’est la démocratie jusqu’au bout. » Aujourd’hui…

OLIVIER DE LAGARDE

Ségolène ROYAL…

SEGOLENE ROYAL

Juste un mot, parce que c’est important que les Français se saisissent aussi des débats d’idées…

OLIVIER DE LAGARDE

Ce qui est important, c’est que les Français saisissent la différence que vous avez par rapport à Bertrand DELANOË. Vous êtes tous les deux finalement en compétition pour prendre la direction du Parti socialiste, on a l’impression que finalement c’est juste une question de personnes, que sur le fond, vous êtes d’accord.

SEGOLENE ROYAL

Non, monsieur. Je viens de vous expliquer le contraire. Je crois que les Français n’ont que faire aujourd’hui des préparations du congrès du Parti socialiste. Donc, quand…

OLIVIER DE LAGARDE

Vous présentez une motion antilibérale au congrès ?

SEGOLENE ROYAL

Je pense que ce qui est important, c’est de redonner du sens à la politique et que, aujourd’hui, l’angoisse que nous avons, c’est de savoir si la politique sert encore à quelque chose, si la politique est honnête, si elle est sincère. Quand l’actuel président de la République a promis de résoudre les problèmes du fait de sa seule élection et que l’on voit aujourd’hui le résultat, ça met en cause tous les responsables politiques. Parce qu’à un moment, les gens qui souffrent, qui ont peur, qui ont peur d’être tirés vers le bas, la France qui a du mal à valoriser ses atouts alors que nous en avons, les réponses concrètes que nous amenons sur nos territoires, moi en tant que présidente de région, je viens de créer le micro crédit pour aider les familles qui ont du mal avec leur pouvoir d’achat, où je paye le permis de conduire à des jeunes qui n’ont pas le premier euro pour accéder au permis de conduire. Parce que je pense qu’il y a des solutions concrètes qui peuvent résoudre les problèmes en répartissant mieux l’argent public et les richesses, tout en agissant au nom d’un certain nombre de valeurs. Ces valeurs-là sont celles du socialisme et du social. Il n’y a pas besoin de se laisser entraîner dans une confusion pour faire moderne.

OLIVIER DE LAGARDE

Ségolène ROYAL, vous êtes candidate officiellement à la direction du Parti socialiste. Vous vous êtes déclarée également favorable à ce que le futur premier secrétaire soit le candidat du parti à la présidentielle ; est-ce à dire que si vous échouez dans votre conquête du parti, vous ne serez pas candidate ?

SEGOLENE ROYAL

Je n’ai jamais dit cela. J’ai dit que chaque étape doit être respectée. Aujourd’hui je respecte déjà les militants puisque j’ai lancé une consultation sur justement le contenu de ce projet politique que nous devons présenter au mois de novembre prochain, à la fois sur le site désir d’avenir et sur un site spécial…

OLIVIER DE LAGARDE

Mais vous ne vous êtes pas engagée dans des primaires avant l’heure ?

SEGOLENE ROYAL

Non je suis engagée dans le respect des militants, le sérieux de la démarche ; comment est-ce qu’on rend à la politique ses lettres de noblesse dans un contexte où nous doutons tous de l’efficacité de la politique et comme moi je crois que la politique a encore quelque chose à faire et même beaucoup à faire pour changer le désordre des choses, pour faire en sorte que les injustices reculent et je crois que la force de la France, c’est à la fois sa diversité, ce sont ses talents, ce sont ses petites et moyennes entreprises qui aujourd’hui ont perdu le moral et il n’y a aucune raison que la France soit dans cet état, que d’autres solutions existent, qu’une autre politique est possible sans renier les convictions profondes qui sont celles des socialistes parce que les socialistes considèrent qu’il n’y a pas à opposer les services collectifs et l’épanouissement individuel, au contraire ; les services collectifs sont au service de l’épanouissement individuel, qu’il n’y a pas à opposer le social et l’économique, au contraire, c’est parce qu’il y aura des salariés bien payés, bien protégés, bien formés et respectés que les entreprises seront compétitives et ça c’est le contraire de ce que pense le libéralisme et parce qu’il y a une autre façon de produire, de répartir les richesses.

OLIVIER DE LAGARDE

Merci Ségolène ROYAL, ancienne candidate à la présidence de la République, invitée de FRANCE


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