Le premier secrétaire François Hollande y a vu «une volonté de jeter la confusion», en faisant croire qu'il n'y avait «plus de différence entre la gauche et la droite». Il s'agit de «déstabiliser» afin de «capter tous les pouvoirs», a-t-il estimé, parlant de «communication à des fins purement électorales».
Le député UMP Pierre Lellouche a accrédité les inquiétudes socialistes, en soulignant que l'ouverture pourrait «avoir des conséquences fortes sur le résultat des législatives» : «Les socialistes vont avoir du mal à mobiliser. Une partie de leurs électeurs vont se poser des questions sur les erreurs de leur campagne.»
Le porte-parole du PS Julien Dray veut pourtant y croire. Nicolas Sarkozy et son équipe, dit-il, «considèrent que le score de Ségolène Royal (à la présidentielle) n'était pas du tout négligeable» et que donc «il y a un risque pour ces élections législatives». «Tout est encore possible» au scrutin des 10 et 17 juin, a-t-il lancé.
Razzye Hammadi, président du Mouvement des Jeunes socialistes, a renchéri sur Canal+, notant qu'il y avait «près de 200 circonscriptions où Ségolène Royal avait fait plus de 50%» et «150 autres où il y avait moins de trois points d'écart». «On peut gagner ces élections, c'est mathématiquement possible.»
Reste les sondages, toujours les sondages. Les premières projections des instituts prévoient une nette majorité absolue pour l'UMP avec de 317 à 381 (BVA) et de 336 à 390 (Ifop) sièges sur 577.
D’ailleurs, certains évitent de trop parler de victoire. L'ancien Premier ministre Lionel Jospin avait fait valoir vendredi que «les socialistes ont une seule chose à faire dans l'immédiat (...), avoir le maximum de députés à l'Assemblée nationale». Même chorus chez Dominique Strauss-Kahn, estimant que les pouvoirs doivent être «suffisamment équilibrés», et chez Laurent Fabius, pour qui il faut un «contre-pouvoir» à l'Assemblée.