Lundi 30 avril 2007
par Comité Désirs d'Avenir de Mennecy
ariane

« Je voudrais vous parler de sentiments. Car lors d’une élection présidentielle, et pour celle-ci bien plus que pour toute autre, il s’agit aussi de sentiments. Il s’agit d’étonnement d’abord, d’espoir, de confiance, de méfiance, de craintes, et de courage aussi. Il s’agit surtout, je crois, d’un sentiment de genèse. Je n’ai jamais cru que la Genèse fût terminée. Petite fille, je pensais même que, une fois grande personne, je serais fermement conviée à y participer. Et comme, à l’époque, aucun adulte autour de moi ne s’est cru autorisé à me détromper, je le pense toujours.

Certains hommes, certaines femmes, savent mieux que d’autres nous rappeler à notre droit et à notre devoir de contribuer à cette genèse, à cette mise au monde d’un meilleur monde. D’un meilleur pays, d’une meilleure ville, d’un meilleur quartier, d’une meilleure rue, d’un meilleur immeuble. D’un meilleur théâtre. Mieux que d’autres, par leur détermination, leur ferveur, leur sincérité, leur intelligence, leur audace, ils nous incitent à entamer ou à reprendre avec joie un combat clair, juste, urgent, possible. Modeste pour les uns, gigantesque pour les autres, mais possible.

Pour libérer cet élan, il ne doit y avoir chez les prétendants aucune faconde, aucune forfanterie, aucune vulgarité de comportement, aucun mépris de l’adversaire. Aucune enflure pathologique de l’amour du moi. Aucune goinfrerie. Aucune clownerie de bas étage, aucun double langage. Aucune mauvaise foi. Non, il doit y avoir une terreur sacrée. Oui. Ils doivent être saisis d’une terreur sacrée devant le poids écrasant de la responsabilité qu’ils ambitionnent de porter, devant l’attente du peuple dont ils quémandent le suffrage avec tant d’insistance. Oui, il faut qu’ils tremblent de la terreur de nous décevoir. Or, pour cela, il leur faut de l’orgueil. Car, sans orgueil, pas de honte. Pas de vergogne.

Que de fois, ces jours-ci, je me suis exclamée: «Oh! Il est vraiment sans vergogne, celui-là.» Eh bien, moi, j’espère, je crois, je sais que Ségolène Royal a de la vergogne et donc qu’elle est capable de grande honte si, une fois élue, elle ne réussissait pas à nous entraîner tous et chacun, où que nous soyons, du plus important des ministères jusqu’à la plus humble classe de la plus petite école de France, dans cet herculéen travail qui nous attend et qui consistera à recoudre, à retisser même par endroits, et à poursuivre la formidable tapisserie qu’est la société française. Cet imparfait, cet inachevé mais si précieux ouvrage que, par pure, ou plutôt par impure stratégie de conquête du pouvoir, Nicolas Sarkozy et ses associés s’acharnent à déchirer.

Donc, contre la pauvreté, contre le communautarisme, pour la laïcité, pour la rénovation de nos institutions, contre l’échec scolaire, et donc pour la culture, pour l’éducation et donc pour la culture, pour les universités, pour la recherche, et donc pour la culture, pour la préservation de la seule planète vivante connue jusqu’à ce jour, pour une gestion plus vertueuse, plus humaine, donc plus efficace des entreprises, pour l’Europe, pour une solidarité vraie, qu’on pourrait enfin nommer fraternité et qui ne s’arrêterait pas à une misérable frontière mais s’étendrait bien au-delà de la mer, bref, pour une nouvelle pratique de la politique, c’est un immense chantier que cette femme, eh oui, cette femme, nous invite à mettre en oeuvre. Et moi, je vote pour ce chantier, donc je vote pour Ségolène Royal.

Son adversaire surexcité veut nous vendre, nous fourguer un hypermarché, un vrai Shopping Paradise - très bien situé, remarquez, juste en face de la caserne des CRS, elle-même mitoyenne du nouveau Casino des Jeux concédé à ses amis lorsqu’il était ministre - tandis qu’un troisième, celui-là, à part être président, j’ai du mal à comprendre ce qu’il veut pour nous. Une hibernation tranquille, peut-être ? Pendant ce temps, celui que bien imprudemment certains s’obstinent à classer quatrième alors qu’il y a cinq ans. Vous vous souvenez?

Ô ! Nos visages blêmes, nos mains sur nos bouches tremblantes et nos yeux pleins de larmes. Ô ce jour-là nos visages. Les avons-nous déjà oubliés ? L’horreur de ce jour-là, l’avons-nous déjà oubliée? La honte de ce jour-là ? Voulez-vous les revoir, ces visages? Moi, non.

Voilà pourquoi, même si je respecte leurs convictions, et en partage plus d’une, je ne veux pas que ceux qui pratiquent l’opposition radicale, jusqu’à en prôner la professionnalisation durable, nous entraînent dans leur noble impuissance.

Voilà pourquoi je pense que nous, le soir, dans nos dîners, devons cesser nos tergiversations de précieux ridicules. C’est du luxe. Un luxe insolent aujourd’hui. Beaucoup dans ce pays ne peuvent se le payer. Ils souffrent. Ils sont mal-logés, ou pas logés. Ils mangent mal. Ils sont mal soignés, ne connaissent pas leurs droits, donc n’ont droit à rien. Ni lunettes, ni dents, ni vacances, ni outils de culture. Leurs enfants n’héritent que de leur seule fragilité. Ils souffrent. Ils sont humiliés. Ils ne veulent pas, ils ne peuvent pas, eux, passer un tour.

Encore un tour. Jamais leur tour.

Alors, dépêchons-nous. Il y a du monde qui attend. Allons-y, bon sang! Il n’y a plus une minute à perdre. Cette femme, eh oui, cette femme porte nos couleurs, elle les porte vaillamment, courageusement, noblement. Et quand je dis couleurs, je ne parle pas des seules trois couleurs de notre drapeau. Je parle des couleurs de la France, celle que j’aime, celle de la citoyenneté vigilante, de la compassion pour les faibles, de la sévérité pour les puissants, de son amour intelligent de la jeunesse, de son hospitalité respectueuse et exigeante. Je parle des couleurs de l’Europe à qui nous manquons et qui nous manque. Voilà pourquoi je vote pour les travaux d’Hercule, je vote pour Ségolène Royal, et je signe son pacte. »

Ariane Mnouchkine


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Lundi 30 avril 2007
par Comité Désirs d'Avenir de Mennecy

On est devant un choix de société.

 

José Bové indique après sa rencontre avec Ségolène Royal à son QG de campagne qu'il faut qu'il n'y ait "pas d'abstentionnistes au second tour" et que les gens "votent très clairement pour Ségolène Royal".

"On est devant un choix de société".

"Il y a une alternative possible" entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, "un homme dangereux pour nos libertés, le candidat du Medef et de l'alignement sur une politique qui est plus celle de Bush que des pays du sud". C'est-à-dire le choix entre "la société du vivre ensemble et celle du conflit permanent".

Interrogé sur le l’appel au rassemblement de la candidate avec les centristes, il estime qu'il n'est pas nécessaire pour soutenir quelqu'un au second tour d'avoir "des approches identiques sur tout".

"On est dans un moment de choix de société et de rassemblement, il faut rassembler pour gagner"."Je ne peux pas accepter que la France tombe dans la logique de l'affrontement".

Il se réjouit que Ségolène Royal lui ait confié une mission sur la mondialisation et la souveraineté alimentaire. "C'est un geste très important, ça introduit la dimension du rapport de la France au monde, c'est très nouveau de mettre cela dans le débat".

José Bové indique encore qu'il sera mardi au concert-meeting de soutien à Ségolène Royal au stade Charléty.

 


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Lundi 30 avril 2007
par Comité Désirs d'Avenir de Mennecy


Dominique Strauss Kahn revient sur les propos de Nicolas Sarkozy.

"Je n'aimerais pas une société qui soit le contraire des idéaux de Mai 68. Il n'y a aucune raison que nous soyons honteux de 1968. Je ne renie pas ces valeurs, même si évidemment c'était souvent un peu loufoque".

"Ces événements ont existé un peu partout dans le monde, aux Etats-Unis et partout en Europe, ça a été une sorte d'émergence de la jeunesse faisant valoir des valeurs nouvelles de liberté, d'affranchissement, de volonté, de solidarité, de joie et de projection dans l'avenir et de bonheur".

Dominique Strauss-Kahn salue les réformes entreprises après ces événements notamment par des "personnes de droite comme Simone Veil, le remboursement de l'IVG, c'est le produit de 68", ajoutant que "les vingt ans qui ont suivi ont été inspirés dans la musique, dans les arts, dans la réflexion politique par Mai 68".

"La seule liberté que Sarkozy aime, c'est la liberté économique, la liberté du plus fort qui écrase le plus faible. La liberté qui s'exprime par la créativité, la liberté que traduit la jeunesse quand elle veut changer les choses, ça a toujours été une question pour Nicolas Sarkozy".

Lors de son meeting dimanche à Bercy, le candidat UMP à l'élection présidentielle s'est livré à une attaque en règle contre les héritiers de Mai 68 dont fait partie selon lui la gauche, les accusant d'avoir détruit les valeurs et la hiérarchie et se demandant si cet héritage "doit être liquidé une bonne fois pour toute".

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Lundi 30 avril 2007
par Comité Désirs d'Avenir de Mennecy
PARIS (AFP), 14:04
© AFP
Dominique Strauss-Kahn et Ségolène Royal, lors d'un meeting à Lyon le 27 avril 2007
Dominique Strauss-Kahn et Ségolène Royal, lors d'un meeting à Lyon le 27 avril 2007

Ségolène Royal a déclaré lundi au quotidien Le Monde que Dominique Strauss-Kahn "pourrait être un très bon Premier ministre, si tel est mon choix".L'événement

"Dominique est présent à mes côtés, à sa demande, et je m'en félicite, c'est un homme talentueux et imaginatif, il pourrait être un très bon Premier ministre si tel est mon choix", a-t-elle déclaré dans cet entretien.

La candidate socialiste à la présidentielle réitère également la possibilité de confier à François Bayrou la tête d'un futur gouvernement. "Je l'ai déjà dit: par définition, je ne m'interdis rien".

"Il faut respecter les étapes. Maintenant c'est à François Bayrou de se définir (...) S'il vient sur la majorité présidentielle, il fera partie de la majorité présidentielle. Comme toutes les autres forces politiques qui ont appelé à voter pour moi", a-t-elle dit.

Evoquant les législatives de juin, elle précise que "si une majorité présidentielle se constitue, ainsi qu'un gouvernement, il faudra un accord entre organisations pour constituer une majorité parlementaire, capable de mettre en oeuvre le pacte présidentiel".

La candidate socialiste a par ailleurs affirmé lundi matin sur France 2 que Nicolas Sarkozy "cherche surtout à capter les voix du Front national" en proposant d'introduire "un peu de proportionnelle au Sénat ou à l'Assemblée

Interrogée sur le discours du candidat UMP, dimanche à Bercy, Mme Royal a observé que Nicolas Sarkozy avait "une nouvelle fois changé d'avis" sur la proportionnelle.

"Il y a quelques jours, il n'en était pas question. Aujourd'hui, je crois qu'il cherche surtout à capter les voix du Front national. C'est une perche tendue vers le Front natioanel", a jugé la candidate socialiste.

Ségolène Royal a une nouvelle fois dénoncé la "grande violence" et la "grande brutalité" du discours de Nicolas Sarkozy.

Ainsi, sur mai 68, pourfendu par le candidat UMP, elle a rappelé que c'était aussi "11 millions de grévistes qui ont obtenu les accords de Grenelle, le droit des femmes à accéder à la contraception, un vent de liberté contre une société totalement verrouillée".

Evoquant le débat qui va l'opposer à son adversaire mercredi soir, Ségolène Royal a indiqué qu'elle souhaitait "une clarification du choix" du 6 mai. Affirmant que "la France est aujourd'hui en de mauvaises mains", elle a estimé que Nicolas Sarkozy devait "accepter d'être mis devant ses responsabilités en ce qui concerne son bilan gouvernemental".


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Lundi 30 avril 2007
par Comité Désirs d'Avenir de Mennecy
REUTERS : lundi 30 avril 2007
    
PARIS (Reuters) - Ségolène Royal veut mettre à profit le temps qui reste avant le second tour de l'élection présidentielle pour ouvrir les yeux des Français sur Nicolas Sarkozy, dont elle a dénoncé lundi la brutalité du discours.

"Il reste quelques jours pour convaincre, je m'y emploie", a déclaré la candidate socialiste sur France 2.

Priée de dire comment elle s'y prendrait pour convaincre les Français, elle a répondu : "En leur ouvrant les yeux sur le choix de société qu'ils vont avoir à accomplir, sur ce que va devenir la France pendant les cinq ans qui viennent."

Ségolène Royal a estimé que lors du meeting de son rival de l'UMP dimanche à Paris-Bercy, "on a encore assisté à un discours d'un grande violence, d'une grande brutalité."

"Je crois que ce n'est pas cela dont la France a besoin aujourd'hui", a-t-elle dit. "La France a besoin d'être réconciliée, d'être apaisée. Les Français ont besoin de se rassembler pour se relever parce que la France est aujourd'hui entre de mauvaises mains", a estimé Ségolène Royal.

A la veille de son meeting parisien au stade Charléty, elle a contesté les chiffres d'affluence diffusés dimanche par l'UMP pour celui de Bercy - 40.000 personnes - alors que selon elle, le Palais Omnisports de Paris-Bercy (POPB) ne contient qu'entre 15.000 et 20.000 places.

Ségolène Royal a estimé que le débat télévisé prévu mercredi soir entre elle et son rival de droite serait très important pour la "clarification" qu'elle en attend.

"J'en attends aussi que Nicolas Sarkozy accepte d'être mis devant ses responsabilités en ce qui concerne son bilan gouvernemental parce que la morale politique consiste aussi à rendre des comptes", a-t-elle déclaré.

"La situation économique est aujourd'hui difficile, l'emploi est dégradé, la précarité s'est creusée et à la veille du 1er mai, je le redis, mon combat principal, c'est le combat pour le plein emploi, c'est le coeur du pacte présidentiel que je propose", a-t-elle ajouté.


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