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Interrogée sur son livre « Maintenant », Ségolène Royal répond : « Ce livre, c'est d'abord le livre d'une cohérence, de la cohérence d'une femme qui est candidate à l'élection présidentielle, de la cohérence d'une histoire et de la cohérence de l'ensemble des problèmes que les Français ont évoqués au cours de cette démarche participative. C'est aussi la cohérence d'une expérience politique d'une femme engagée, d'une femme élue socialiste depuis plusieurs années et sur deux cents questions, il y en a quatre ou cinq qui concernent ma vie personnelle ; elles ont été données d'ailleurs avant même cette échéance présidentielle et je ne voyais aucune raison de les retirer parce que je crois que dans cette phase en effet, on peut répondre simplement à un certain nombre de questions sans tomber dans l'exhibitionnisme.»
Concernant les thèmes de la république et de la nation, elle rappelle :« Je n'ai jamais cessé d'évoquer cette question. Je l'ai fait lors de la déclaration de ma candidature à la candidature dans un lieu symbolique à Vitrolles, j'ai parlé de la nation et de la façon dont je la concevais. Je ne confonds pas la nation avec le nationalisme et cela m'a permis d'ailleurs d'appeler les Français à comprendre la nation telle qu'elle était devenue et la France, avoir le courage de se regarder telle qu'elle est, en se disant d'ailleurs que c'est une chance dans cette diversité, dans cette France colorée – j'ai même parlé de France métissée –et c'est parce que j'ai le courage de refonder et de reparler de la force de la nation et de ce qui nous fait tenir ensemble non pas pour demander aux Français d'où ils viennent mais ils veulent aller en France – je crois qu'un candidat ou une candidate à l'élection présidentielle doit aborder cette question-là puisque demain je vais peut-être l'incarner, cette nation et donc c'est un débat éminent qui ne souffre aucune polémique politicienne. »
Ségolène Royal explique ensuite pourquoi la Marseillaise a été chanté au meeting de Marseille : « Je crois que nous sommes justement dans cette dernière ligne droite de l'élection présidentielle où je noue un contact direct avec les Français. Il y a eu le rassemblement des élus de la République, de ceux qui me soutiennent et qui m'ont donné leur parrainage et ce sont eux qui ont souhaité d'ailleurs entonner la Marseillaise et à Marseille, chanter la Marseillaise avec l'explication d'ailleurs que j'ai donnée… il y a des moments extrêmement forts, il y a eu des larmes qui ont coulé sur les joues, c'était impressionnant de voir la gauche reconquérir cet hymne trop longtemps laissé à l'extrême droite et au Front national. »
« Les Français pourront d'autant plus fortement se tourner vers l'Europe d'une part et regarder la mondialisation sans peur d'autre part s'ils ont la conviction que le chef de l'Etat saura préserver la nation dans ce qu'elle a de plus précieux. »
« Quand la nation est bien au clair sur ses bases, qu'elle ne demande pas aux Français d'où ils viennent ni aux étrangers qui viennent aider l'économie française d'où ils viennent mais où nous voulons aller ensemble et avec quelles valeurs, voilà ma conception de la nation et je pense que c'est un débat qui mérite d'être tenu au plus haut niveau et qu'en tout cas tout candidat à l'élection présidentielle a la responsabilité de dire quelle est sa conception de la nation. »
La candidate socialiste explique son titre de campagne : « La France présidente, c'est l'idée que c'est la France elle-même qui se remet en mouvement et qui assure sa relève, la France peut reprendre la main et se remettre en mouvement que si tous les Français s'y mettent". C'est aussi le fruit de la démarche participative ; c'est l'idée que la politique doit changer ; la France a changé, le monde a changé, donc la politique doit changer et que la politique ne sera plus jamais faite sans les gens ; elle sera faite avec eux et si vous avez été attentif, le contenu de la réforme concernant les institutions de la 6e République suite au rapport qu'ont fait les deux présidents de groupe, Jean-Marc Ayrault et Jean-Pierre Bel, intègre totalement ce nouvel espace de démocratie participative, de démocratie sociale, de démocratie parlementaire et de démocratie territoriale et tout cela, c'est la France ; ce sont à la fois les territoires, les citoyens qui pourront avoir accès au référendum d'initiative populaire, le renforcement des pouvoirs du Parlement aussi et notamment son pouvoir de contrôle, la suppression du 49-3, la mandat unique. »
Ségolène Royal revient sur la question de la régularisation des sans papiers : «Je crois que comme l'ont fait avec beaucoup d'humanité certains préfets puisque j'ai moi-même suivi des cas très concrets qui se posaient dans ma région, là aussi, on doit faire du cas par cas parce qu'on ne peut pas non plus ériger en norme… mais le Parlement aura à en débattre, en norme des contournements ou des exceptions à la loi telle qu'elle est ; mais en revanche, ma conviction profonde, c'est que les enfants qui sont scolarisés doivent pouvoir poursuivre leur scolarité et donc leurs parents doivent pouvoir rester sur le territoire. »
Elle précise que sa proposition de "jurys citoyens" sera inscrite dans la VIe république elle préconise et qu’"une partie des dépenses publiques doit donner lieu à une consultation des citoyens.Il y a un tel rejet de l'impôt, une telle attente des citoyens pour que l'on mette fin à un certain nombre de gaspillages, une peur aussi des Français par rapport à la dette que nous laisse la droite et au déficit des comptes sociaux, que les gens se demandent si l'argent public est correctement utilisé. Moi je leur dis non, l'argent public n'est pas correctement utilisé. »
Enfin elle déclare : «Je respecte les électeurs ; donc je crois qu'on n'est jamais sûr du résultat d'une élection avant qu'ils n'aient voté. Je ne veux pas que le 22 avril ressemble au 21 avril et donc toute ma force de conviction, je la mets au service de la France et des électeurs pour gagner et pour mériter leur confiance en leur donnant la certitude qu'il y aura un changement profond sur la façon de remettre la France debout sur des valeurs claires, les valeurs de la famille, de l'éducation, de l'emploi, de l'écologie, donc ces quatre valeurs fondamentales qui vont me permettre de remettre la maison France debout et en même temps de donner à chaque jeune et à chaque Français un nouveau désir d'avenir et de sortir la France de cette espèce de pessimisme généralisé ; j'espère avec la force de ces convictions et avec tous ceux qui me soutiennent, qui m'aident et qui sont sur tous les territoires du pays en ce moment, que je vais mériter leur confiance et avoir un score important dès le premier tour qui me permettra d'enclencher une dynamique de victoire pour rassembler les Français au second tour. »
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