
Dans un entretien à Marianne, à paraître samedi 29 mars, Roman Tanguy, un ex-collaborateur de Jacques Pelletier (Parti Radical), ancien ministre et sénateur récemment décédé, affirme
que des amendements de l'UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie) ont été présentés au Sénat en 2004 en échange de contreparties financières.
Les textes en question, signés par plusieurs sénateurs du RDSE (Rassemblement démocratique social européen - radicaux de gauche et de droite) proposaient une nouvelle "définition du licenciement économique". Ils ont finalement été retirés, précise l'hebdomadaire.
" Je n'ai aucun doute, ces amendements se monnayaient "
Selon Roman Tanguy, ancien conseiller et attaché parlementaire de Jacques Pelletier, ces amendements, pré-rédigés par l'UIMM, auraient en réalité été signés par le secrétaire général du groupe, Pascal-Raphaël Ambrogi, qui disposait des délégations de signatures de plusieurs sénateurs.
Les parlementaires signataires, dont Jacques Pelletier, n'ont selon lui jamais vu les amendements dont ils étaient censés être les auteurs.
Interrogé par Marianne sur le versement par l'UIMM de contreparties financières en argent liquide, Roman Tanguy est affirmatif: "oui, je n'ai aucun doute.
Ces amendements se monnayaient". "A l'époque tout le monde au RDSE savait et disait qu'il y avait du cash qui circulait derrière ces histoires d'amendements. C'était une évidence que tout le monde feignait officiellement d'ignorer".
Le RDSE dénonce les méthodes de Marianne
Interrogé par l'AFP, Pierre Laffitte, le président du groupe RDSE, a dénoncé "un libelle diffamatoire" de Roman Tanguy "qui cherche à se venger d'avoir été mis à la porte par M. Pelletier".
"Comme si les sénateurs avaient l'habitude de défendre des amendements qu'ils n'avaient pas lus ! (...) Quant aux questions financières, (le groupe) est très clairement suivi par des experts comptables agréés, ce qui n'est pas le cas de tous les groupes politiques", ajoute-t-il en menaçant d'"attaquer Marianne" en justice.
"Les méthodes de Marianne me paraissent très particulières et si l'hebdomadaire donnait suite à publication, la justice serait saisie".
Avec AFP
