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" En défense de la grandeur française " par le Times (Grande Bretagne, 14/03)
Après avoir vécu en France suffisamment longtemps, vous finissez d'en absorber les hypothèses originelles sur le monde. L'une d'elles est que la France n'est pas un pays comme les autres. Jacques Chirac est monté au front, dimanche, dire son adieu et son amour à la France, affirmant qu'elle avait une destinée spéciale, comme une lumière pour le monde. (…)
Certains se sont interrogés, se demandant pourquoi la France pensait une telle chose. C'est une bonne question, dont la réponse a été, en partie, donnée par la polémique de la semaine dans la campagne présidentielle, lancée par Nicolas Sarkozy, le favori de la droite. Sarkozy a mis le chat au milieu des pigeons en promettant de créer un ministère de l'immigration et de l'identité nationale. Les problèmes courants comme les impôts ou les dépenses du gouvernement ont été éclipsés par la querelle sur l'identité et sur la défense de la spécificité de la France face à la globalisation. (…) Lors d'un rassemblement parisien, lundi, la socialiste Ségolène Royal a déclaré : "Avec moi, notre identité nationale ne disparaitra pas face à la globalisation sans pour autant qu'on se replie sur nous-mêmes. (…)
Les trois principaux candidats, Sarkozy, Royal et Bayrou, promettent de régénérer la France comme un modèle de tolérance et de civilisation, chacun cherchant à apparaître comme le garant de l'esprit national (…)
Dans le respectable monde de la politique, parler d'immigration est habituellement tabou et parler de son impact sur l'identité nationale est inadmissible. La doctrine de la République tient pour principe que la nation n'a pas de couleur et que tous les immigrés seront assimilés par la civilisation française.(…)
Sarkozy a dit que Le Pen n'avait pas le monopole du sujet de l'immigration. (…) Il estime être qualifié pour en parler, (…) il s'appelle même souvent "le petit homme au sang mêlé".
" Et si Bayrou l'emportait ? ", par Le Soir (Belgique) (14/03)
"En 2002, Jean-Pierre Chevènement, qui avait percé en voulant faire "turbuler" le système, s'était effondré en février. François Bayrou, lui, ne s'effondre pas comme l'avaient prédit de nombreux observateurs. Mais son électorat, qui serait davantage mû par un réflexe de protestation que par un véritable engouement pour son programme, demeure le plus volatil. La moitié des Français qui se disent tentés par le vote Bayrou ne sont pas encore sûrs de leur choix. Et les électeurs traditionnels de l'UMP et du PS peuvent se rabattre sur le vote utile en dernière ligne droite. Ce réflexe pourrait surtout jouer à gauche, où l'élimination de Lionel Jospin au premier tour en 2002 a laissé un traumatisme."
Villepin, véritable soutien pour Nicolas Sarkozy ?, par le New York Times (13/03)
"Dominique de Villepin est le troisième des Premiers ministres de Jacques Chirac à exprimer son soutien à Nicolas Sarkozy, suivant l'avance prise par deux précédents Premiers ministres, Jean-Pierre Raffarin et Alain Juppé. Réagissant à ce soutien de Maulte, une des villes où il fait campagne, Nicolas Sarkozy a déclaré: "Je suis très touché par ce soutien et la façon dont il s'est exprimé. C'était sans ambiguïté, très sincère."
Il n'est pas certain cependant que le soutien de Dominique de Villepin, qui souffre de sondages peu favorables auprès de l'opinion, aide véritablement beaucoup Nicolas Sarkozy."
" L'adieu émouvant d'un piètre président ", à la Une du quotidien belge Le Soir (12/03)
"Cette annonce à six semaines du premier tour était très attendue mais ne constitue en rien une surprise, tant la scène politique est aujourd'hui occupée par la lutte que se livrent ses principaux successeurs potentiels: l'UMP Nicolas Sarkozy, la socialiste Ségolène Royal et l'UDF François Bayrou qui a fait une percée spectaculaire dans les sondages.
En "fauve" de la politique qui a connu une longévité exceptionnelle (…), Jacques Chirac aurait sûrement saisi la moindre occasion de se présenter pour la cinquième fois à l'Elysée.
Notamment en cas de crise internationale majeure. Il a d'ailleurs toujours entretenu le flou sur ses intentions, retardant le plus possible le moment où il tirerait lui-même le rideau sur quarante-deux ans d'une vie politique hors norme, après avoir été deux fois président, deux fois Premier ministre, 18 ans maire de Paris.
Mais une succession d'échecs électoraux en 2004, le fiasco du référendum européen du 29 mai 2005 qui a plongé l'Europe dans la crise, son accident vasculaire cérébral, les émeutes dans les banlieues, le rejet du Contrat première embauche, et surtout la prise du pouvoir à droite de Nicolas Sarkozy ont peu à peu rendu son retrait inéluctable."
Les "relations tumultueuses" Chirac-Sarkozy par L'Opinion (Maroc) (10/03)
"Alors que l’éventuel soutien du président à celui qui brigue sa succession reste une inconnue, le candidat reconnaissait jeudi soir qu’un tel appui aurait 'du poids'. (…) Le 14 janvier 2007, Nicolas Sarkozy a soigneusement choisi ses mots lors de son investiture comme candidat de l’UMP. (…) Le candidat-ministre aime à raconter que ce jour là, Jacques Chirac lui avait 'offert' cinq minutes et qu’il avait monopolisé le micro près d’une demi-heure. Déjà comme un goût de concurrence. Et Jacques Chirac de se souvenir dans un tout récent livre d’entretiens avec Pierre Péan du 'jeune militant de Neuilly, qui s’est politiquement engagé à plein pour moi' (…). Mais qui, déjà, aurait laissé poindre l’ingratitude... 'A peine élu, Sarkozy n’a cessé d’expliquer que je n’y étais pour rien. Ca aurait dû faire tilt', poursuit le président. Pour l’heure, le jeune homme entre progressivement dans le premier cercle.
Il sera témoin du mariage de Claude Chirac, ministre du Budget de la deuxième cohabitation. Vient 1995 et la 'trahison' du le soutien à Edouard Balladur pour la présidentielle. (…) Jugement sec de Jacques Chirac à Pierre Péan : 'Sarkozy est très ambitieux, et comme il est très intelligent, il considère que tout doit être mis au service de ses objectifs'. (…) Ostracisé après la défaite, le maire de Neuilly attend son heure. En 2002, il revient au gouvernement. Mais ses ambitions affichées lui vaudront de nouveaux ennuis. Sèchement remis à sa place par le président Chirac – 'je décide, il exécute'-, il doit démissionner en novembre 2004 pour prendre la tête de l’UMP contre la volonté du chef de l’Etat."
"Bayrou, 'second homme' en course", par Il Corriere della Sera (Italie) (09/03)
"Le jour même où il atteint le sommet des sondages, François Bayrou encaisse un coup dur: Simone Veil, 79 ans, figure historique du centrisme français et du parti de Bayrou, l'UDF, a décidé de soutenir Sarkozy. Elle l'a fait en choisissant, non par hasard, la Journée des femmes, dans le quartier général du leader de la droite. La matinée avait pourtant merveilleusement commencé pour le candidat centriste, 52 ans, héritier du courant libéral et technocratique de la droite française, parfois en rupture avec la tradition gaulliste de l'Etat social.
D'après les derniers sondages, Bayrou n'est plus le "troisième homme" entre Sarkozy et Ségolène Royal, ni une surprise, mais un prétendant à l'Elysée avec toutes les cartes en main pour gagner: 24-25% des intentions de vote, quelques points à peine en dessous de Sarkozy et Royal. Quelque chose de magique et d'incroyable si l'on se souvient de son point de départ, moins de 7% il y a un mois. A présent, c'est Ségolène Royal qui apparaît le plus en difficulté. Les sondeurs commencent à se passionner pour l'éventualité d'un duel entre Sarkozy et Bayrou, déjà rebaptisé 'second homme'".
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