Samedi 10 février 2007
par Comité Désirs d\'Avenir de Mennecy
REUTERS : samedi 10 février 2007
    
PARIS (Reuters) - Laurent Fabius, candidat malheureux à l'investiture présidentielle du PS, a renvoyé dos à dos samedi l'UMP Nicolas Sarkozy, "Monsieur Supercherie", et l'UDF François Bayrou et "son aimable imposture".

"Monsieur Sarkozy, c'est Monsieur Supercherie. Il promet de gouverner comme s'il n'avait pas depuis cinq ans tout gouverné", a déclaré le député de Seine-Maritime lors d'un discours à Paris, transmis à la presse.

"Il annonce des dépenses massives et y ajoute des baisses d'impôts sans jamais dire comment il financera. Il prétend revaloriser la fonction enseignante, mais ne remplacera qu'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux. Il parle peuple aux travailleurs pour mieux les abuser", a-t-il accusé.

Pour Laurent Fabius, "Monsieur Sarkozy, c'est donc une sorte de Monsieur Chirac en culottes courtes, avec la guerre en Irak en plus et la laïcité républicaine en moins".

L'ancien Premier ministre a également dénoncé l'"aimable imposture" de François Bayrou, qui progresse dans les derniers sondages au détriment des candidats de gauche.

"Le but de Monsieur Bayrou, en tous cas son résultat, c'est d'attraper des voix au premier tour pour mieux les offrir moyennant récompense au candidat de la droite au second."

"Ne laissons pas se développer cette ambiguïté", a insisté Laurent Fabius, demandant que "le PS réaffirme clairement qu'il n'envisage pas de gouverner avec l'UDF".


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Samedi 10 février 2007
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Samedi 10 février 2007
par Comité Désirs d\'Avenir de Mennecy

Démocratie

La date résonne déjà dans toutes les têtes socialistes. Après une campagne de débats participatifs et de voyages à l'étranger entachés de quelques couacs, Ségolène Royal doit présenter dimanche à Villepinte les grandes lignes de son programme. Pour peut être entrer dans une ligne de confrontation plus directe avec Nicolas Sarkozy sur les grands thèmes qui pourrraient résonner dans cette course électorale.

Depuis plusieurs semaines toutefois, la candidate socialiste a avancé maintes propositions lors de ses débats participatifs, mais également sur son site Désirs d'avenir. Un catalogue que nous vous livrons et qui permet de se faire une idée sur ce qu'elle va annoncer dimanche.

EMPLOI

- Abrogation du Contrat nouvelles embauches (CNE), le CDI "doit redevenir la norme".
- Modulation des cotisations patronales en fonction des embauches, pour favoriser le recrutement de salariés peu qualifiés, des chômeurs de longue durée ou des salariés âgés
- Conditionner les aides publiques à des engagements sur les salaires et sur l'emploi, supprimer les aides publiques aux entreprises qui délocalisent alors qu'elles font des bénéfices
- Modulation de l'impôt sur les sociétés selon que les bénéfices sont réinvestis ou distribués
- Création d'un "revenu de solidarité active" pour favoriser le passage du RMI vers l'emploi. L'idée consiste à regrouper au sein d'un même mécanisme toutes les prestations sociales pour que "nul ne travaille à perte"
- Création de "contrats-relais" pour les salariés licenciés, comprenant une rémunération, un bilan de compétences, une formation et une "aide active à la recherche d'emploi"

VIE CHERE

- Création d'un nouvel indice des prix, "remettre de la vérité dans le calcul de la hausse des prix"
- Donner un "signal fort" sur le Smic et un "coup de pouce sérieux" aux petits retraités
- Conférence salariale pour "conforter tous les salariés"

JEUNESSE

- Mettre en place un "droit au premier emploi" pour fournir une formation rémunérée ou un emploi à tout jeune qualifié ou diplômé au chômage depuis six mois.
- Créer des "bourses tremplins" allant jusqu'à 10.000 euros pour les jeunes créateurs d'entreprise.
- "Allocation d'autonomie du jeune adulte" d'un montant non précisé et comportant une contrepartie (soutien scolaire, etc.).
- Service civil volontaire en lien avec les associations.
- Création d'une "carte santé jeunes" permettant des consultations médicales gratuites.
- Construction de logements pour les jeunes travailleurs et les étudiants.
- Financement du permis de conduire pour les nouveaux titulaires de CAP.
- Contraception gratuite pour les jeunes filles jusqu'à 25 ans

EDUCATION

- Investissements "massifs" dans l'Education nationale
- "Desserrer les contraintes" de la carte scolaire
- Service public de la petite enfance pour scolariser tous les enfants dès l'âge de trois ans
- Expérimenter la présence d'un deuxième adulte dans les classes "dont les professeurs en ressentent le besoin", notamment pour faire respecter la discipline
- Réduire le nombre d'élèves dans les classes de CP et CE1, alléger le nombre de professeurs en classe de sixième
- Généraliser le soutien scolaire gratuit, les études gratuites après la classe et créer des "internats relais" pour les élèves les plus en difficulté

LOGEMENT

- Transférer aux collectivités locales le droit de réquisitions-préemptions après deux années de vacance.
- L'Etat se substituera aux impayés provisoires de loyers quand ils correspondent à un "accident de l'emploi"
- Aider l'accession à la propriété des foyers modestes payant régulièrement leurs loyers depuis dix ans
- Créer un service public de la caution
- Une place d'hébergement d'urgence de SDF par millier d'habitants
- Construction de 120.000 logements sociaux par an
- L'Etat se substituera aux communes ne construisant pas 20% de logements sociaux
- Diviser par deux le prix à la vente des terrains et bâtiments de l'Etat pour les communes qui veulent y construire des logements sociaux

ENVIRONNEMENT

- Nomination d'un vice-premier ministre responsable du développement durable.
- Fiscalité écologique "pour intégrer dans le prix des produits et des services l'impact sur l'environnement", inciter à l'achat de véhicules et matériaux "propres".
- Conditionner la délivrance des permis de construire à l'intégration des normes environnementales dans les bâtiments.
- Atteindre une part de 15% d'énergie d'origine renouvelable dans la production d'ici 2012, 20% en 2020.
- Réduire progressivement la part du nucléaire pour atteindre 50% en 2020, réflexion sur la fermeture de centrales nucléaires "les plus anciennes et les plus dangereuses".
- Réforme de la loi sur l'eau avec intégration du principe "pollueur payeur"
- Transcription de la directive européenne sur les OGM et moratoire sur les cultures OGM commerciales.

EUROPE

- Nouveau référendum en France en 2009 sur la Constitution rejetée en 2005.
- Ajouter un "volet social" à la Constitution, "dont il reste à discuter le statut".
- Ouvrir un débat sur la réforme du Pacte de stabilité, réorienter la politique de la BCE "sur la croissance et le progrès social"
- Création d'un "salaire minimum" à l'échelle de l'Union
- Son opinion sur l'entrée de la Turquie dans l'UE sera "celle des Français".
- Lancer un programme de grands investissements pour "faire l'Europe par la preuve".

JBV / LBR



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Samedi 10 février 2007
par Comité Désirs d\'Avenir de Mennecy

Bientôt, cette campagne participative s’achève. Nous allons revenir à une forme d’action qui, d’ailleurs, n’aura jamais cessé d’être menée en parallèle : distribuer des tracts, coller des affiches, convaincre, convaincre, convaincre.

 

Quelle que soit la suite donnée à nos débats, nous n’aurons aucun regret. Cette conception singulière de la politique nous aura fait sortir de nos rôles de militants censés avoir toujours la bonne réponse à tout, ne jamais douter, être les gentils alors que ceux qui ne pensent pas comme nous sont forcément les méchants. Bref, de tout ce qui exaspère les non militants dans le militantisme et les éloigne à jamais de la politique.

 

Etre à l’écoute des gens, et surtout de ceux qui ne pensent pas comme nous, est une belle formule, aussi difficile à suivre que la voie de la tempérance pour l’amateur de whisky.

 

Ne profitons pas du fait que la phase d’écoute est terminée pour retomber dans les vieux travers. Car cette nouvelle façon de faire campagne est avant tout une nouvelle façon de gouverner.

 

Ce qu’il y a de plus étonnant dans cette période préélectorale, c’est que chaque candidat, souvent sans qu’il s’en rende compte, aura dû se battre sur le terrain que nous aurons choisi.

 

Sarkozy ? Un socialiste ! Et c’est Bayrou qui lui reproche d’usurper l’héritage sacré de Jaurès et de Blum ! Comble du surréalisme, voici maintenant Alain Minc s’exclamant dans le Nouvel Obs’ : « Rien ne sera jamais plus grand que Marx » ! Et nous qui nous apprêtions à faire notre congrès de Bad Godesberg...

 

Trêve de galéjades. Le fait est que la chute du mur n'a pas produit la "fin de l'histoire" escomptée par d'approximatifs disciples de Hegel. Grâce, sans doute, aux échecs géopolitiques de W. Bush et au fiasco économique de l’Europe libérale et de la droite française, mais aussi, n’en doutons pas, en partie grâce à nous, le balancier du magistère intellectuel et moral revient aujourd’hui pesamment vers la gauche. Comme à la fin des années soixante.

 

Voyez Jean-François Kahn, le groupie du centre. Dénonçant la morgue de l’élite autoproclamée, véhicule de la pensée unique, il ne comprend pas qu’il est ségoliste à son insu. Sauf que c’est par la démocratie participative et l’ordre juste que peut s’instaurer cette coopération entre hommes de bonne volonté qu’il appelle de ses voeux, et non pas en réinventant une quatrième république dominée par une troisième force, qui ferait du « troisième homme » le digne héritier des Queuille ou des René Coty.

 

Et José Bové, notre Asterix de Millau ! Que faisait-il d’autre, partant en guerre contre les McDo, que de défendre les « pays, paysans et paysages » qui furent, avec le féminisme, le premier et le plus intime combat de Ségolène ? Le Larzac ou le marais poitevin, même combat ! Il ne se rend même pas compte que rien, dans son discours, ne va au-delà de ce que propose Ségolène en matière d'agriculture paysanne, si ce n’est l’irréalisme de vouloir faire l’Europe à nous tous seuls et la volonté de rendre notre victoire impossible en pérennisant le clivage entre gauches du oui et du non pour en faire une césure irrémédiable.

 

Voyez maintenant ces avant-gardes autoproclamées du prolétariat, candidats surtout appréciés des retraités ou des cadres supérieurs, indispensables au jeu de rôle électoral par leur éternel simulacre de révolution. Quand on donne enfin la parole au peuple, ce qui devrait censément les réjouir, ils n’y voient que du populisme.

 

Ne leur en tenons pas rigueur. Ségolène Royal est tellement hors norme, comme de Gaulle en son temps, qu’elle affole les boussoles politiques. N’est-elle pas à la fois social-démocrate et alter-mondialiste, barrésienne (comme Mitterrand) quand elle défend nos terroirs et maoïste quand elle croit à l’intelligence collective des masses ?

 

Face à un DSK ou à un Fabius, qui tendaient si complaisamment l’étiquette qu’on devait leur coller, elle n’est ni strictement social-démocrate ni l’héritière déférente de la mitterrandie. Puisque Marx revient à la mode, disons qu'elle en est la synthèse dialectique. Il faudra bien s’y faire. Cette femme n’est pas la dépositaire d’un prêt-à-penser. Elle a des valeurs, des principes. Et elle a des idées, qui sont aussi imprégnées des nôtres, de cette fameuse « intelligence collective », la quintessence de l’air du temps. Surtout, elle a une méthode pour les capter, ces idées, et les transmuter en propositions concrètes. On n’a pas fini d’en reparler.

(texte repris sur le blog de Désirs d'Avenir "Orge et Yvette"


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Samedi 10 février 2007
par Comité Désirs d\'Avenir de Mennecy

SRHC

C'est une centaine de mesures - qui ne sont pas sans rappeler les 110 propositions de François Mitterrand en 1981 - que Ségolène Royal devait présenter dimanche 11 février à Villepinte (Seine-Saint-Denis). Des engagements à forte connotation sociale : hausse de 5 % et mensualisation des retraites dès 2007, création de trois indices des prix par grands niveaux de revenus, contrôle de la tarification bancaire, allocation pour les jeunes accessible aux classes moyennes, jurys de citoyens tirés au sort pour évaluer les lois et l'action des élus, création d'emplois-parents, à l'image des emplois-jeunes dans les quartiers...

Dans un hall du Parc des Expositions décoré par l'architecte Patrick Bouchain, scénographe des meetings de François Mitterrand en 1988, la candidate socialiste présentera son discours-programme comme un "pacte présidentiel" - une idée lancée par Dominique Strauss-Kahn pendant la primaire socialiste. "C'est un contrat que je veux passer avec les Français", explique-t-elle au Monde. Un contrat fondé sur "des droits et des devoirs".

Huit mille personnes étaient attendues, militants, dirigeants du Parti socialiste et personnalités - comme Charles Berling, Daniel Mesguish ou l'écrivain Philippe Besson -, et 600 journalistes français et étrangers se sont fait accréditer pour ce rendez-vous très attendu. A 14 h 30, après la réunion de tous les secrétaires de section et l'intervention du premier secrétaire, François Hollande, Mme Royal commencera son discours, prévu pour durer 1 h 30, par dresser "l'inventaire de l'ensemble des désordres" d'une France "tirée vers le bas", en proie au "déscenseur social", et sur la façon dont elle compte "remettre les choses en place". Elle parlera de ce que "les Français ne veulent pas et de ce qu'ils veulent pour la France" en s'appuyant sur les quelque 6 000 débats participatifs organisés sur tout le territoire, selon la méthode qu'elle a imposée au PS depuis son investiture, en novembre 2006.

Cet état des lieux sur les finances publiques lui permettra de commencer par un premier thème, la réforme de l'Etat. Fidèle à sa ligne de conduite et forte de l'expérience italienne et espagnole, Mme Royal compte transférer aux régions de nombreuses compétences (construction des universités, aides aux entreprises...), convaincue qu'une "meilleure répartition des responsabilités entraînera des économies".

"Il faut savoir de quelles marges de manoeuvre on peut disposer, estime-t-elle. Les gens ont peur et ne sont pas prêts à croire n'importe quelle promesse." Tout au long de son discours, la candidate socialiste se référera à cette parole des Français recueillie au cours des débats et consignée dans un document intitulé "Les Cahiers de l'espérance".

A partir de ces témoignages, Mme Royal a retenu plusieurs enseignements, à commencer par l'acceptation de contreparties : la hausse des bas salaires en échange d'un effort sur la formation professionnelle, l'allocation pour les jeunes, - fixée selon un barème assez élevé de ressources pour la rendre accessible aux classes moyennes -, et le droit au premier emploi en échange de soutien scolaire et de tutorat... Le même principe sera appliqué aux entreprises bénéficiaires d'exonérations sociales moyennant des contreparties en terme d'emplois ou de salaires. "C'est une vision de la société où l'on n'oppose pas les uns aux autres", affirme Mme Royal qui dit avoir trouvé "une grande maturité, même des plus démunis".

Plusieurs propositions, comme la mensualisation des retraites, sont directement inspirées des débats participatifs. La création d'emplois-parents dans les quartiers est, elle, issue des revendications émises par le collectif AC le feu qui s'était constitué après la révolte des banlieues de novembre 2005.

Mme Royal déclinera tous les thèmes en "combats" : "mon combat contre la vie chère", "contre toutes les formes de violence", la discrimination, pour l'éducation, l'emploi, ou en faveur de "l'efficacité économique".

Sa relance reposera sur trois "piliers" : développement économique, efficacité sociale et efficacité environnementale.

Sa méthode lui a en effet permis de tester ses idées. Les jurys de citoyens, mais aussi les tuteurs référents et les solutions alternatives à la prison, notamment l'encadrement militaire, ont été, selon la candidate qui les inclura dans son programme, "plébiscites". Sur le plan de la sécurité, la police de proximité, mise en place sous le gouvernement Jospin puis supprimée, sera rétablie sous le nom de "police de quartier". Sur l'immigration, Mme Royal, en réponse à l'association France Terre d'asile, se prononce pour une régularisation sélective des sans-papiers basée sur des critères (durée de présence en France, scolarisation des enfants, possession ou promesse d'un contrat de travail), et prône le réexamen des dossiers des personnes "ni expulsables ni régularisables" déboutées du droit d'asile.

Beaucoup de ses propositions, qui figureront dans un document annexé à son discours, relèvent des mesures de "vie quotidienne" et reprennent les pistes qu'elle avait déjà avancées en matière d'environnement, de logement, ou sur le plan social (Le Monde du 3 février). Ces dernières en restent parfois à l'esquisse pour laisser la place à la concertation avec les partenaires sociaux dans le cadre d'une conférence nationale sur l'emploi, les revenus et les salaires. C'est le cas, notamment, pour les 35 heures.

Mme Royal devait achever son intervention par la partie Europe et international, les rapports Nord-Sud, la "sauver garde de la planète" et le "maintien de la paix" dans le monde, au terme d'un discours alimenté par de nombreuses contributions : "la plume des Français", dit-elle, celles des socialistes, mais aussi d'intellectuels comme Yves Michaud, ou Edgar Morin.

Isabelle Mandraud / Le Monde



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