Piqué sur le blog Lozère socialiste :



Au cas où il se trouverait encore quelqu’un qui ne le saurait pas, Ingrid Betancourt est libre et en bonne santé. Réjouissons-nous tous de cette bonne nouvelle !

On voudra bien noter cependant que le Vatican n’a pas encore parlé de canonisation de l’ex-otage. Normal, Ingrid Betancourt est vivante. Pourtant, certains semblent vivre déjà dans l’attente d’un miracle de Sainte-Ingrid : faire remonter le Leader Minimo dans l’opinion publique, lequel végète, depuis des mois, dans les profondeurs de l’impopularité.

 

 

Au moment où son gouvernement s’attaque aux 35 heures, remet en cause les acquis sociaux, gère pitoyablement l’accident de Carcassonne, est incapable de juguler la hausse des carburants et de relancer le pouvoir d’achat, et s’apprête de surcroît à faire main basse sur l’audiovisuel public, la libération d’Ingrid Betancourt fait partie de ces bonnes nouvelles que Sarkozy aurait tort de ne pas exploiter politiquement.

 

L’émotionnel est son registre favori. C’est celui qui lui a permis de bercer les Français de douces illusions et de se faire élire à la présidence de la République. Pour l’instant, l’Elysée avance avec prudence. D’abord parce que la libération de Betancourt a surpris le pouvoir exécutif qui n’y a jamais été associé par les autorités colombiennes. Ensuite parce que les Français sont échaudés par un an de fiascos ininterrompus. Une récupération trop voyante de la libération de Betancourt par l’Etat UMP serait assurément très mal ressentie.

Seulement voilà, si Sarkozy et sa bande s’emploient à freiner difficilement leurs ardeurs, les zélateurs du pouvoir, par contre, ne se retiennent plus et en font des tonnes. Depuis hier, ils n’arrêtent pas dans leurs commentaires dithyrambiques, larmoyants, voire mystiques qui sidèrent même les journalistes colombiens en poste à Paris. Les comparaisons incongrues abondent. Les médias hexagonaux ont ainsi conféré à Ingrid Betancourt un statut politique équivalent à ceux de Nelson Mandela, Andrei Sakharov, Aung San Suu Kyi, etc. Quant aux analyses politiques sur la Colombie, elles demeurent toujours aussi sommaires que caricaturales (mais, de toute manière, la Colombie n’a jamais été un centre d’intérêt dans cette douloureuse affaire qui, fort heureusement, s’est bien terminée).

Il ne faut surtout pas mettre ce qui va suivre sur le compte d’on ne sait quel esprit chagrin ou négatif, mais dans cette atmosphère d’hystérie médiatique, qui forme comme un écran de fumée sur la dureté des mesures gouvernementales, il est difficile, concernant Ingrid Betancourt, de ne pas relever les atouts considérables dont elle a pu bénéficier: être issue de la haute bourgeoisie colombienne, fille et ex-femme de diplomate, et amie de Dominique Villepin. Forcément, cela a permis à ses parents, ses enfants et ses proches d’ouvrir quantité de portes qui se seraient fermées au simple quidam. Les portes du pouvoir. Les portes du mécénat pour soutenir la cause de l’ex-otage. Et celles des médias. De les ouvrir certes, mais aussi de les maintenir ouvertes.

La lucidité oblige à dire que si notre compatriote Ingrid Betancourt avait été une anonyme, on peut être sûr que la diplomatie française n’en aurait rien eu à cirer, et que l’on ne ferait pas pleurer sur son sort dans les chaumières.

 

 

Prenons deux exemples. Celui de Michaël Blanc qui, dans la quasi indifférence générale, croupit dans une geôle dans l’île de Bali (Indonésie) pour un trafic de drogue qu’il conteste et celui de Florence Cassez qui a été condamnée au Mexique il y a quelques mois à 96 ans (!) de prison pour avoir, elle aussi, participé soi-disant à un trafic de drogue et à quatre enlèvements. Tous deux crient leur innocence, et dénoncent des instructions essentiellement à charge ainsi qu’une absence de procès équitables.

Si les motifs des calvaires de Betancourt, Blanc et de Cassez ne sont pas comparables, ils ont le même effet : la privation de liberté. Sauf que là, ce sont des Etats qui séquestrent et non une guérilla. A priori, les moyens de pression sont beaucoup plus étendus que lorsqu’on a pour interlocuteurs des milliers de soldats disséminés au fin fond de la jungle. En face, il y a des pouvoirs publics, un appareil d’Etat, une diplomatie, etc.

Parle-t-on de Florence et de Michaël ? Très peu. C’est con à dire, mais s’ils étaient issus du même milieu social qu’Ingrid Betancourt, avec le même réseau relationnel, s’ils avaient été des intimes de Sarkozy ou de Villepin, peut-être aurait-on pu envisager pour eux une édition spéciale sur TV Bouygues ou sur France2 ?


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Ségolène Royal s'est élevée vendredi soir contre la "polémique très médiocre" et les "opérations politiciennes tout à fait dérisoires" qui ont suivi ses déclarations au sujet de l'opération de sauvetage d'Ingrid Betancourt et de Nicolas Sarkozy.

"J'ai été stupéfaite quand j'ai vu cette polémique très médiocre et très étonnante car ce que j'ai dit n'est pas différent de ce qu'(ont) dit le secrétaire général de l'Elysée" et "le porte-parole du Quai d'Orsay, à savoir que dans cette opération pratique de libération, en effet, la France n'est pas intervenue, Nicolas Sarkozy non plus".

"Remettons les événements à leur juste place", a-t-elle plaidé. "Une chose est le travail diplomatique au long cours, une autre chose est l'intervention lors de l'opération immédiate, pratique, de libération, où là, ni l'Elysée ni le Quai d'Orsay n'ont contesté le fait que Nicolas Sarkozy n'ait joué aucun rôle".

Devant "tous ces gens qui devraient être très joyeux de la libération d'Ingrid Bétancourt, j'observe que cette joie est vraiment de courte durée pour tout d'un coup trouver une occasion de me sauter à la gorge dans des opérations politiciennes tout à fait dérisoires"... "l'événement historique que nous vivons avec cette libération, qui redonne aussi espoir à des milliers de personnes anonymes, qui pourrissent dans des geôles à l'échelle de la planète, mérite vraiment autre chose que ce traitement politicien".

Interrogée par ailleurs sur ses intentions de rencontrer Ingrid Bétancourt, Ségolène Royal a considéré qu'"aujourd'hui, le moment est à la rencontre familiale" entre l'ex-otage des FARC et ses enfants. "Comme elle l'a dit, il faut lui laisser le temps de respirer, de reprendre pied, de vivre aussi ce choc psychologique de retour à la vie normale".

"Par pudeur et par respect, je prendrai contact avec elle, mais vraiment dans quelque temps quand elle aura vraiment repris pied pour elle-même, pour les siens et pour les causes qu'elle défend".

Avec AP


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"Tout le monde le sait, c’est une opération colombienne rondement menée qui a bien marché, qui prouve que les négociations avec les Farc étaient inutiles et n’avaient débouché sur rien", a estimé Ségolène Royal en visite à Québec pour le 400e anniversaire de la ville.

"Nicolas Sarkozy n’a été absolument pour rien dans cette libération", a-t-elle ajouté devant un petit groupe de journalistes.

"Je crois que c’est bien qu’il y ait aujourd’hui un rassemblement national autour de cette libération mais que les récupérations politiques seraient totalement décalées", a-t-elle poursuivi, saluant le "courage" d’Ingrid Betancourt et de sa famille.


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ANE

Ambiance de guerre de tranchées à l'Assemblée. Les députés examinaient jeudi l'article central du projet de loi sur la réforme du temps de travail, qui permet de déroger par accord d'entreprise à la durée légale de 35 heures.

Cet article 16 donne la possibilité de fixer par un accord d'entreprise le contingent d'heures supplémentaires au delà de la durée légale, ainsi que les conditions du repos compensateur.

Toute la journée, la gauche a défendu pied à pied ses 515 amendements sur ce seul article qualifié de "scélérat". Les députés socialistes ont utilisé à fond la possibilité que leur donne le règlement de faire présenter le même amendement par des députés différents.

Les socialistes ont fait valoir tous leurs arguments contre ce "démantèlement" des règles sur le temps de travail, qui consacre l'inversion de la hiérarchie des normes sociales en rendant l'accord d'entreprise supérieur à l'accord de branche. "Fin du repos compensateur, banalisation et déréglementation des conventions de forfait, unification par le bas des accords de modulation: c'est la fin des garde-fous", a estimé Régis Juanico. "Ce que vous proposez, c'est bel et bien la flexibilité à outrance", a lancé Christophe Sirugue.

Alain Vidalies a de son côté estimé que les nouvelles règles en matière de repos compensateur pourraient être censurées par le Conseil constitutionnel en raison des risques pour la santé des salariés.

Le député PS des Landes a lu quelques citations de personnalités de droite, dont Philippe Séguin, Alain Juppé et Guillaume Sarkozy, favorables au partage du travail. Xavier Bertrand a riposté en citant le socialiste Dominique Strauss-Kahn.

Le ministre du Travail a accusé les socialistes de "faire le lit" de l'extrême gauche par leurs déclarations sur les employeurs qui vont mettre "le pistolet sur la tempe" des salariés grâce à cette réforme.

En dépit de cet affrontement, les socialistes n'entendaient pas poursuivre éternellement leur obstruction. L'examen des 20 articles du texte devrait s'achever dans la nuit de lundi à mardi, selon M. Vidalies. Le vote reste prévu mardi après-midi.

Mercredi soir, les députés ont adopté le volet représentativité du texte. Plus consensuel, il fixe un seuil pour définir la représentativité des syndicats -au moins 10% des voix dans les entreprises, 8% au niveau interprofessionnel et dans les branches- ce qui pourrait modifier le paysage syndical français et conduire à une reconnaissance des "nouveaux" syndicats comme la FSU, l'UNSA et Sud-Solidaires.

Des accords majoritaires pourront aussi être signés si les organisations signataires représentent au moins 30% des voix, et sans opposition des autres organisations syndicales.

Source : AP



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REUTERS
REUTERS : jeudi 3 juillet 2008
 par Hugh Bronstein

BOGOTA (Reuters) - Ingrid Betancourt a été libérée mercredi par l'armée colombienne après plus de six années de captivité dans la jungle.

L'otage franco-colombienne des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), enlevée le 23 février 2002, a été récupérée par un hélicoptère avec trois Américains et onze militaires, a annoncé le ministre de la Défense Juan Manuel Santos.

L'audacieuse opération de sauvetage a été menée par des soldats se faisant passer pour les employés d'une ONG.

Elle constitue un coup d'éclat pour le président conservateur Alvaro Uribe, critiqué à maintes reprises pour son intransigeance envers les Farc.

Dans sa première déclaration publique en tant qu'ex-otage, sur les ondes de radio Caracol, Ingrid Betancourt a remercié Dieu et les soldats colombiens et espéré voir dans sa libération un "signe de paix" pour la Colombie.

L'ancienne candidate écologiste à l'élection présidentielle colombienne de 2002 est apparue ensuite sur la base aérienne de Catam, près de Bogota, rayonnante et apparemment en bonne santé.

Elle y a été accueillie par sa mère, Yolanda Pulecio.

Les deux enfants de la sénatrice, Mélanie et Lorenzo Delloye, ont quitté Paris dans la soirée à bord d'un avion affrété par la France pour rejoindre leur mère, en compagnie du ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner.

22 MINUTES ET 13 SECONDES

Betancourt n'avait plus donné signe de vie depuis une vidéo diffusée par la rébellion le 30 novembre 2007, où elle apparaissait amaigrie et affaiblie dans un camp de la jungle.

Elle a raconté comment elle avait elle-même été dupée par les militaires en pénétrant, menottée, dans l'hélicoptère. Ce n'est qu'ensuite, à bord de l'appareil, qu'elle a vu ses ravisseurs désarmés et entendu un officier lui annoncer: "Vous êtes libre."

L'opération, de l'atterrissage de l'hélicoptère à la neutralisation des deux guérilleros qui étaient à bord, a duré 22 minutes et 13 secondes, a déclaré le général Freddy Padilla, chef des forces armées colombiennes. Les deux rebelles ont été placés en détention.

Le ministre de la Défense, Juan Manuel Santos, a expliqué que les renseignements militaires avaient infiltré le mouvement de guérilla dans la jungle de la province de Guaviare (sud).

Des soldats se sont présentés comme les membres d'un groupe humanitaire chargé de convoyer les otages par hélicoptère vers un autre camp pour y rencontrer le nouveau chef des Farc Alfonso Cano.

Le président Uribe a salué une opération "comparable aux plus grands moments de l'histoire humaine mais sans effusion de sang et sans aucun coup de feu".

Avant la libération d'Ingrid Betancourt et des trois Américains, on estimait à une quarantaine le nombre d'otages "importants" détenus par les Farc.

Dans son allocution télévisée, avec Ingrid Betancourt à ses côtés, Uribe a rappelé sa détermination à tout faire pour libérer les autres otages.

Les trois otages américains - Marc Gonsalves, Keith Stansell et Thomas Howes - employés par le groupe de défense Northrop Grumman, avaient été capturés en 2003 après la chute de leur avion dans la jungle lors d'une opération anti-stupéfiants.

Ils ont atterri dans la nuit à San Antonio, au Texas.

Le président américain George Bush, dont le pays fournit une aide financière et logistique importante à son allié colombien, a téléphoné et rendu hommage à Uribe, un "dirigeant fort".

A Paris, Nicolas Sarkozy, qui avait fait de la libération de Betancourt une priorité de sa présidence, a remercié le président colombien, entouré par les enfants de l'ex-otage et sa soeur Astrid.

"Aujourd'hui s'achève un calvaire de plus de six années. Ingrid est en bonne santé", a déclaré le président français, saluant une "opération extrêmement brillante, très intelligente" de l'armée colombienne.

CHAVEZ FÉLICITE URIBE

Ingrid Betancourt, qui est âgée de 46 ans, était devenue le symbole de la souffrance des otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie, la mobilisation de ses proches ainsi que sa double nationalité franco-colombienne ayant contribué à médiatiser sa lutte sur le plan international.

Sa libération a été accueillie unanimement par un grand soulagement en France, où des mairies affichaient depuis des mois son portrait sur leur fronton.

Après avoir fait en espagnol le récit de sa libération, Ingrid Betancourt a adressé un message en français en remerciant son deuxième pays de l'avoir "accompagnée toutes ces années".

"Je vais très vite être avec vous, je rêve d'être en France", a-t-elle ajouté.

Les Farc, qui ont perdu en mars leur chef Manuel Marulanda et leur numéro deux Raul Reyes, subissent à nouveau un sérieux revers. Les présidents du Chili, du Brésil et du Pérou ont présenté l'opération de la Colombie comme un progrès pour la paix et la démocratie.

Le président socialiste vénézuélien Hugo Chavez, aux antipodes d'Uribe sur l'échiquier politique, a téléphoné au président colombien pour le féliciter, a annoncé la télévision de Caracas.

Chavez avait obtenu la libération de plusieurs otages des Farc en début d'année. Il avait appelé le mois dernier les chefs de la guérilla à libérer les otages sans conditions.

Les Farc réclamaient que la Colombie retire ses troupes d'une vaste zone dans la jungle pour faciliter les négociations.

Uribe, dont le père a été tué dans une tentative d'enlèvement des Farc, a refusé d'accepter, offrant simplement la création d'une zone démilitarisée plus réduite surveillée par des observateurs internationaux.

Si la libération de Betancourt affaiblit la position des Farc déjà amoindrie par les revers militaires et les défections, les rebelles détiennent encore de nombreux otages, évalués à plusieurs centaines.

Le plus vieux mouvement rebelle d'Amérique du Sud, né dans les années 1960 des luttes des paysans contre les grands propriétaires terriens, ne compterait plus que 9.000 combattants contre 17.000 auparavant.

Les enlèvements constituent aujourd'hui avec le trafic de cocaïne l'une de ses sources de financement.

Pour l'analyste Michael Shifter, du Dialogue interaméricain, un centre de réflexion de Washington, "le gouvernement colombien a profité de la faiblesse et du désordre au sein des Farc pour mener à bien sa mission".

"C'était un énorme pari, mais il a fonctionné."

Version française Jean-Stéphane Brosse


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