Ségolène Royal a estimé que les propos de Nicolas Sarkozy sur les grèves en France sont "pires que de la provocation" et montrent que le chef de l'Etat "vit dans un autre monde" où "l'argent n'a pas d'importance puisqu'il croule sous l'argent".

"Je pense que c'est pire que de la provocation. Il ne se rend même plus compte de ce qu'il dit, au sens où, ça y est, il vit dans un autre monde. Pour lui, l'argent n'a pas d'importance puisqu'il croule sous l'argent", a déclaré Ségolène Royal

"Il ne se rend pas compte que les gens sont désespérés" et qu'il est "très difficile pour les salariés, modestes en particulier, de perdre une journée de salaire pour une journée de grève", a-t-elle ajouté.

Selon Ségolène Royal, "c'est une méconnaissance de ce qui se passe aujourd'hui en France. On se croirait revenus sous l'Ancien Régime où le roi s'amuse, le roi dilapide l'argent, le roi soigne ses amis, le roi enrichit ceux qui sont déjà riches, et pendant ce temps-là, le peuple s'appauvrit".

"Présider un pays, c'est d'abord respecter les Français et répondre à leurs soucis et à leurs problèmes", a-t-elle estimé.


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Le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, pense que les propos du Président sur l’inefficacité des grèves «va donner envie aux plus militants de le démentir», et dénonce une «volonté» «d’instrumentaliser les partenaires sociaux».
Propos recueillis par François Vignal
LIBERATION.FR : lundi 7 juillet 2008
 
Pourquoi Nicolas Sarkozy se permet-il de provoquer les syndicats de la sorte ?
Il y a deux raisons: quand il dit cela, il est devant un parterre conquis. Il ne résiste pas au plaisir d’un sarcasme pour faire plaisir à son auditoire. C’est un propos de meeting, de tribune. D’ailleurs sur les images, on voit juste avant qu’il a un grand sourire, il jubile à l’avance.
Mais je pense que ses propos ne sont pas une erreur. Ça correspond à un choix politique, dans une situation difficile dans les sondages, de faire un signe à la partie la plus à droite de sa majorité et de son électorat. Il s’appuie sur le fait qu’en juin les initiatives sociales n’ont pas eu le succès escompté, c’est vrai. Mais on ne peut pas en tirer de conclusions sur un mouvement social dans son ensemble. Deux semaines avant, le mouvement du 15 mai dans la fonction publique était un succès. Il n’aurait pas eu besoin d’annoncer le service minimum d’accueil s’il le mouvement était sans effet.
Le candidat Sarkozy soulignait l’importance du dialogue social. Depuis, il y a eu le contournement de l’accord entre les partenaires sociaux sur les 35 heures et les propos de ce week-end. Croyez-vous encore possible le retour à un meilleur dialogue ?
Je n’en sais rien. Les derniers signes sont très négatifs. Nicolas Sarkozy dit: «j’ai la légitimité politique, donc je décide.  Je veux bien discuter mais seulement de la mise en œuvre». Ce n’est pas du dialogue social. Dans une stratégie de reforme c’est contre-productif. Il n’y a pas de bonne réforme si elle n’est pas partagée par ceux qui sont concernés.

On voit que Nicolas Sarkozy réussit à faire passer une grande partie de ses réformes les unes après les autres. Cela ne lui donnerait-t-il pas raison?
Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de mouvement social suffisant pour le faire reculer sur le cœur de ses réformes. Mais en même temps, il a été obligé de faire des concessions considérables. Par exemple, concernant les régimes spéciaux, c’est le cas sur la décote, sur les perspectives de fin de carrière, où beaucoup d’argent a été mis sur la table pour améliorer les rémunérations. Là, sur les régimes spéciaux, il y a eu un dialogue. Par ailleurs, c’est rare d’avoir un Président élu depuis seulement 14 mois avec autant de mouvements sociaux dans ce qui aurait dû être son état de grâce. Ce n’est pas un chemin pavé de roses.

Va-t-il y avoir des retours de bâton ?
Il ne prend pas beaucoup de risque en disant ça début juillet. Je pense pas que ce soit un élément déclencheur. Mais ça va donner envie aux plus militants de le démentir. Il y a pas mal de combativité qui se maintient au plan local. Je ne vais pas répondre à une fanfaronnade par une autre fanfaronnade. Les mouvements sociaux, c’est plus compliqué que ça. Mais il y a un fort mécontentement qui donne un fort potentiel d’action. Notre faiblesse jusqu’ici a été la dispersion, les journées d’action qui s’ajoutent les unes aux autres. Il faut avoir un vrai plan. Ça peut passer par de l’inter-professionnel, une articulation d’appels sectoriels et généraux. Notre défi est de durer, de ne pas avoir de journées isolées. C’est une des raisons de l’échec des mobilisations de juin.

Nicolas Sarkozy pêche-t-il par excès de confiance ?
Il pêche par mépris des autres, et des partenaires sociaux. C’est le sentiment que j’ai, c’est l’impression qu’il donne. Il y a une volonté de sa part d’instrumentaliser les partenaires sociaux. Il a joué la division, comme sur les 35 heures : il a poussé les partenaires à négocier et une fois que c’était fait, il est passé par derrière et a transformé ça. Ce n’est pas traiter les syndicats en partenaire. Sa stratégie, c’est de passer en force, mais elle est contradictoire avec l’esprit de dialogue social et de réforme efficace.

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rose

Nicolas Sarkozy se comporte comme un "chef de parti" et un "chef de clan", a estimé lundi le Parti socialiste après la remarque du président de la République lors du conseil national de l'UMP sur les grèves dont désormais "personne ne s'aperçoit".

"Quand on est chef de l'Etat, on doit avoir le souci de l'union du pays et ne pas rentrer de manière continuelle dans une provocation permanente", a estimé le député européen Stéphane Le Foll lors du point presse hebdomadaire de l'UMP. "Nicolas Sarkozy a humilié les syndicats, tous les syndicats avec cette formule." .. "Le président de la République se comporte comme un chef de parti, cherche à diviser, stigmatiser et mépriser, ce n'est pas acceptable".

"Il est très clair que Nicolas Sarkozy comme la majorité sont bien décidés à faire tout ce qu'ils ont dit" lors de la campagne présidentielle, a répliqué lundi le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre. En particulier, "nous sommes décidés à supprimer le droit de nuire aux usagers" des services publics.

Mais le chef de l'Etat "n'a absolument pas, ni dans la forme ni dans le fond, tapé les syndicats", a-t-il assuré. "C'était tout sauf une provocation".

Stéphane Le Foll a également déploré les propos "à la limite de l'insulte" tenus contre Ségolène Royal samedi lors du conseil national de l'UMP, après qu'elle eut remarqué que M. Sarkozy n'avait joué aucun rôle dans la libération d'Ingrid Betancourt. Le nouveau secrétaire général adjoint de l'UMP Christian Estrosi a notamment jugé que l'ex-adversaire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007 avait "l'humanité d'un bigorneau".

Le bras droit de François Hollande a regretté que deux socialistes, Jack Lang et Philippe Martin, aient dénoncé publiquement les propos de Mme Royal. "Il y a une règle qui doit être réaffirmée: on respecte les membres du parti socialiste, on peut avoir des débats, des différences de position, mais on ne peut pas s'associer aux voix de la droite quand il s'agit de sujets aussi importants", a-t-il mis en garde.

Source : AP



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Que veut cacher l'UMP avec la fausse polémique autour de S.Royal et d'I.Bétancourt?
http://www.lepost.fr/article/2008/07/05/1219688_que-veut-cacher-l-ump-avec-la-fausse-polemique-autour-de-s-royal-et-d-i-betancourt.html

 

Les propos de Ségolène Royal sur la libération d'Ingrid Bétancourt ne cessent d'alimenter une polémique.

Avec cette fausse polémique, on peut vraiment se demander de quoi l'UMP veut détourner  notre attention puisque les propos initiaux de Ségolène Royal Nicolas Sarkozy n'a été absolument pour rien dans cette libération."
ne  diffèrent guère de ceux de Claude Guéant  qui a déclaré "Dans cette opération précise, les Français n'ont pas pris part." 

Cette polémique ne serait-elle pas qu'une petite manipulation politicienne de la part de l'UMP servant non seulement à égratigner un leader de l'opposition mais aussi à dissimuler des "loupés" de la majorité? Décryptage d'une polémique organisée....

Que cache cette polémique montée en épingle?


Hypothèse 1: les gaffes de François Fillon au Québec

En rappelant le souvenir «déplaisant» de la visite du Général Charles de Gaulle, il y a 41 ans «M. Fillon s'est mêlé inutilement et imprudemment de questions d'unité nationale qui ne le concernant en rien», a fulminé le quotidien de référence The Globe and Mail dans un éditorial.
Rappelant que le Premier ministre français a également qualifié de «pays», la province francophone du Québec, le Globe and Mail estime que
«sa conduite constitue une grave entorse au protocole diplomatique».

Hypothèse 2 : La probable venue de Nicolas Sarkozy au JO de Pékin


Alors qu'il y a quelques mois, Nicolas Sarkozy avait évoqué la possibilité d'un boycott des JO,

 

La côte de Nicolas Sarkozy perd quatre points par rapport au mois de juin, à 33%, selon le baromètre TNS-Sofres pour Le Figaro Magazine rendu public jeudi 3 juillet. 65% des sondés ne font pas confiance au président de la République.
33% des personnes interrogées déclarent faire "tout à fait" (5%) ou "plutôt" (28%) confiance à Nicolas Sarkozy pour "résoudre les problèmes qui se posent en France actuellement". 65% (+4) ne lui font "plutôt pas" (28%) ou "pas du tout" (37%) confiance
.

Rappel de la polémique
Après la libération d'Ingrid Bétancourt (mercredi soir), Ségolène Royal a affirmé
au micro de RTL ne souhaiter "ni polémique ni récupération politique"... juste avant de préciser: "Tout le monde le sait, c'est une opération colombienne rondement menée qui a bien marché, qui prouve que les négociations avec les Farc étaient inutiles et n'avaient débouché sur rien"

Ces propos lui ont valu une volée de bois verte de la part de l'UMP


Le Premier ministre a estimé jeudi que la socialiste Ségolène Royal a fait preuve «d'un manque de dignité totale» «Elle était comme une petite fille dans une cour de récréation», a également jugé M.Fillon.
Quant à l'ancien Premier ministre
Jean-Pierre Raffarin a estimé de son côté que les propos de Mme Royal relèvent «de polémiques secondaires dignes de politiciens secondaires» et «d'agitation politique».

«On ne critique pas le président de la République française sur des terres extérieures à la France», a-t-il soutenu.
Lors du conseil national de l'UMP ce samedi, Xavier Bertrand et Christain Estrosi en ont rajouté dans la polémique :
Xavier Bertrand,le ministre du travail a qualifié sa prise de position sur la libération d'Ingrid Betancourt de "honte".
"Ségolène Royal a l'humanité d'un bigorneau", a renchéri le secrétaire-adjoint du parti, Christian Estrosi

Ségolène Royal a réagi en dénoncant "des opérations politiciennes totalement dérisoire".


Il est à noter que l'UMP utilise souvent cette stratégie de détournement de l'attention, les exemples les plus flagrants ayant été l'annonce du divorce entre Nicolas Sarkozy et Cécilia en pleine grève ou encore l'annonce du nouvel amour du président lors de la polémique Khadafi...Nicolas Sarkozy va très probablement annoncer, en marge du G8 au Japon la semaine prochaine, qu'il se rendra à Pékin le 8 août pour la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, selon nombre de ses amis politiques de l'UMP. Pour le Point, cela s'appelle "un exemple de "Real Politik"" ou "une volte-face diplomatique."

Hypothèse 3 : le mauvais sondage de Nicolas Sarkozy


Samedi une allusion de François Fillon au «Vive le Québec libre» du général de Gaulle a été qualifiée  de «grave entorse au protocole diplomatique» par un grand quotidien anglophone canadien.

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«Désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit», a dit hier le chef de l'Etat. La gauche et les syndicats l'appellent à ne pas «jouer avec le feu».
AFP
LIBERATION.FR : dimanche 6 juillet 2008
 
Plusieurs syndicats ainsi que le Parti socialiste ont critiqué dimanche les propos de Nicolas Sarkozy sur le faible impact des grèves, l'avertissant du risque de "jouer avec le feu" et d'"attiser les conflits" au moment où les salariés éprouvent "un réel mécontentement". Samedi, lors du Conseil national de l'UMP, le président Nicolas Sarkozy avait affirmé à l'intention de ses partenaires européens que "désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit", se félicitant de ce que la France était "en train de changer" et cela "beaucoup plus profondément qu'on ne le croit".

"Encore une fois, c'est un mot de trop du président de la République. Il devrait être beaucoup plus prudent que ça",
a déclaré dimanche le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly. Estimant que "les pouvoirs publics accélèrent les réformes, veulent mettre 30 ou 40 dossiers sur la table pour essayer d'en faire passer quelques-uns", le leader de FO a souligné "un réel mécontentement des salariés" au sujet des retraites, du pouvoir d'achat ou de l'avenir du service public. "Ne pas tenir compte de ce mécontentement (...) c'est ne pas faire preuve de réalisme."

Pour Maryse Dumas, l'une des secrétaires confédérales de la CGT, "le président de la République fait une opération diversion parce qu'il a bien du mal à démontrer en quoi sa politique réussit". Non seulement Nicolas Sarkozy "ne connaît pas la réalité sociale car le nombre de grèves est très important", mais ses propos sont "méprisants" pour les grévistes tentant de se mobiliser sans trop gêner les usagers et pour les usagers eux-mêmes, a-t-elle estimé.

"Le président de la République joue avec le feu parce que si désormais pour faire entendre des revendications collectives les usagers doivent user de moyens d'actions qui gênent les autres, on risque d'entrer dans une spirale dangereuse pour notre pays", met-elle en garde.

Un avis partagé par le président de la CFTC Jacques Voisin, pour lequel "le risque est de balayer tout ce qui a été fait en matière d'alarme sociale et d'inciter aux conflits purs et durs, ce qui n'est pas souhaitable" sachant que "les relations dans le public, comme dans le privé, restent très tendues". "L'attitude très responsable des partenaires sociaux pour développer le dialogue social afin d'éviter les conflits est battue en brèche par les propos très politiques du président de la République (...) C'est regrettable et de nature à attiser les conflits."

Dans les transports terrestres de voyageurs, la loi d'août 2007 instaurant "la continuité du service public" prévoit des négociations avant tout préavis de grève, une déclaration des grévistes 48 heures à l'avance, une information des usagers 24 heures avant et une réaffectation des agents.

De son côté, le porte-parole du Parti socialiste Julien Dray a conseillé dimanche à Nicolas Sarkozy de "prendre garde" aux réactions sociales, estimant que "ses déclarations triomphantes à propos de l'inefficacité des grèves (donnent) toute la mesure de la manière dont il conçoit le dialogue social". S'adressant aux dirigeants de l'UMP ainsi qu'au président Sarkozy, Julien Dray a lancé : "Qu'ils prennent garde, car comme on dit dans les cours de recréation : Rira bien qui rira le dernier".


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