PARIS (Reuters) - Ségolène Royal répète qu'elle voit un lien possible entre le cambriolage de son appartement en juin et ses attaques contre le pouvoir, ajoutant même qu'elle pense être suivie ou sur écoutes téléphoniques.
"C'est évident, je suis sans doute suivie", a déclaré à RTL l'ex-candidate du Parti socialiste à l'élection présidentielle, faisant à nouveau référence aux conditions de la fouille de son appartement de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) le 27 juin dernier.
Les policiers chargés de l'enquête, dit-elle, ont remarqué que le logement avait été "visité" entre 20h30, heure du départ de son fils, et 22h30, quand elle-même est rentrée.
"L'intervention très professionnelle qui a eu lieu à ce moment-là a un temps très très court pour intervenir, à un moment où il n'y a pas de cambriolage, parce que c'est un moment où il y a beaucoup d'allées et venues", a-t-elle expliqué.
"Donc en effet, soit je suis écoutée, soit je suis suivie depuis mon lieu de travail jusqu'à mon domicile, c'est une évidence", a-t-elle conclu.
Aux lendemains des attaques de l'UMP qui estime que l'ex-candidate a dérapé, Ségolène Royal a réaffirmé que le dossier de l'intrusion du 27 juin n'était pas à ses yeux "une affaire personnelle mais politique".
"Il y a une coïncidence (avec) un moment politique sensible, c'est-à-dire le lendemain où je mettais en cause la mainmise sur la France du clan Sarkozy, la veille où je devais présenter ma contribution pour le congrès du Parti socialiste", a-t-elle répété.
Ségolène Royal a rappelé avoir déjà subi un autre cambriolage en 2006 et assuré que plusieurs de ses collaborateurs avaient été victimes de vols depuis la campagne présidentielle, cinq de leurs ordinateurs ayant été dérobés ces derniers mois selon elle.
"Dans n'importe quelle démocratie, le pouvoir en place se serait ému (...) Il y a une façon très particulière de chercher à intimider, à faire peur", estime-t-elle.
Une enquête de police est en cours sur l'intrusion dans le logement de Ségolène Royal. La Direction de la surveillance du territoire (DST) a été requise début juillet par le parquet de Nanterre pour vérifier l'existence éventuelle de dispositifs d'écoutes dans le logement, sans que rien ne soit découvert.
Thierry Lévêque, édité par Véronique Tison