LFSR

Vous êtes cet après-midi en terres fabiusiennes. Où en sont réellement vos rapports avec Laurent Fabius ?

Je suis à Rouen aujourd'hui à son invitation. Je tiens à dire que juste après ma désignation, il m'avait appelée avec un véritable esprit sportif. Depuis, nous nous téléphonons, nous nous voyons pour échanger nos impressions. Je l'ai consulté avant d'annoncer le pacte présidentiel. J'apprécie également le fait que beaucoup de forums participatifs ont été, et vont être tenus, en Seine-Maritime.

L'ECONOMIE IRA MIEUX SI ON SECURISE LES SALARIES

Dans la perspective présidentielle, Laurent Fabius affirmait vouloir faire de la Haute-Normandie une sorte de laboratoire. Avez vous retenu quelques expérimentations du cru dans votre programme ?

J'observe depuis longtemps ce que font Alain Le Vern, Didier Marie et Jean Louis Destans dans cette région, notamment en matière de logement, d'emploi, d'équipement et d'éducation.

Le fonds de garantie pour les locataires aux revenus modestes, qui anticipe la proposition de service public de la caution inscrite dans mon pacte, me paraît très innovant. Toute comme l'offre de logements sociaux adaptés pour les personnes âgées ou handicapées, ou la mesure originale sur l'aide aux propriétaires louant un appartement aux jeunes travailleurs.

Notre région a souffert plus qu'ailleurs du chômage et les fermetures d'entreprises inquiètent. Qu'avez-vous à proposer comme perspectives nouvelles aux salariés ?

Je suis très inquiète de ce délitement du tissu économique. Avec deux types de difficultés principales. D'un côté des entreprises qui font des bénéfices et qui licencient ou délocalisent. A celles-là je veux dire qu'elles devront rembourser les aides, et ce sera très dissuasif parce que les sommes sont importantes lorsqu'on prend en considération les exonérations de cotisations sociales. Et elles devront aussi contribuer à reclasser les salariés et à réindustrialiser le bassin d'emploi.

Elles ne pourront plus quitter sans conséquence un territoire après y avoir prospéré ! En revanche, nous aiderons les entreprises confrontées à la concurrence, ou à l'évolution de la production. L'idée, c'est de supprimer les effets d'aubaine actuels, et de cibler les aides sur les PME qui se battent. Et nous créerons, comme dans les pays du nord de l'Europe, la sécurité sociale professionnelle pour les salariés. Ma conviction profonde, c'est que l'économie ira mieux si on sécurise bien les salariés et si on aide également les entreprises innovantes et conquérantes.

LES HOPITAUX RURAUX NE DOIVENT PAS FERMER

Notre région porte également plus qu'ailleurs le poids des maladies lourdes. Que voulez-vous changer dans le système de santé ?

Notre système de santé est réputé le meilleur du monde et pourtant les gens vivent cruellement le creusement des inégalités devant l'accès à la santé. Il y a une véritable inquiétude. Je veux trouver un financement pérenne pour l'hôpital public afin qu'il puisse faire face à ses missions.

Les hôpitaux ruraux ne doivent pas fermer purement et simplement, mais évoluer en étant des structures médicales de proximité, pour les personnes âgées notamment. Je veux aussi renforcer la prévention, parce que c'est une nécessité de santé publique et aussi parce que c'est là que se trouvent les gisements d'économies pour la sécurité sociale. En renforçant, en particulier, la médecine scolaire et celle du travail. Dans mon pacte présidentiel, il y a également la gratuité des soins pour les adolescents. La proposition la plus originale du pacte consiste à créer une nouvelle génération de dispensaires dans les zones rurales et les quartiers populaires.

JE SUIS UNE « FAISEUSE » PAS UNE « DISEUSE »

Ici, en pays de Caux, on raille volontiers les « diseux », préférant les « faiseux ». Vous usez largement, dans votre campagne, du leitmotiv « Je veux ». N'est-ce pas prendre un risque que d'accréditer l'idée qu'il suffit de vouloir pour réussir à faire ?

Je pense d'abord être une « faiseuse », et pas une « diseuse » [grand éclat de rire, NDLR].

Je l'ai prouvé dans mes responsabilités politiques. Je suis animée par la morale de l'action et ce que j'appelle la politique par la preuve.

C'est normal que j'exprime une volonté personnelle, car les Français attendent des messages clairs.

Pourquoi ne pas plutôt dire « Nous allons faire » ?

Mais je le dis souvent. J'alterne.

La bipolarisation de la campagne, l'avalanche de sondages ne vont-ils pas pousser à une surenchère dans les promesses ?

Vous avez raison, il faut faire attention. J'ai beaucoup surpris lors d'une réunion publique, en commençant par parler de la dette, disant que la situation était très difficile, mais qu'il ne fallait pas renoncer dans notre investissement pour régler les problèmes d'urgence et préparer l'avenir. Mon programme a un certain prix, mais il est maîtrisé car je commence par faire des économies et prendre tout un ensemble de mesures permettant de relancer la croissance. Ma volonté, c'est de réformer l'Etat et amorcer une nouvelle étape de régionalisation qui permettra de faire des économies et d'être plus efficace.

Et ces économies, je les réinvestirai dans les secteurs d'avenir, recherche, santé, éducation, aides bien ciblées à l'emploi.

Vous ne tomberez pas donc pas dans la surenchère ?

Non. Et si je suis élue, j'agirai très vite !

LE STATUT DES PECHEURS DOIT ETRE AMELIORE

Votre emploi du temps ne vous permet pas de faire une halte à Fécamp aujourd'hui. Face aux quotas européens, nos pêcheurs sont inquiets pour leur avenir. Que pouvez-vous leur dire ?

J'ai envie de dire que s'il est nécessaire de préserver les ressources halieutiques, je souhaite que les quotas soient définis en concertation avec les professionnels locaux. Le statut des pêcheurs et de leurs conjointes doit être amélioré. Je veux développer les biocarburants dans le domaine de la pêche, pour permettre aux pêcheurs de récupérer une partie de leur pouvoir d'achat.

UN SOUFFLE NOUVEAU

Quelle sera la première manifestation du changement dans le quotidien des Français si vous êtes élue ?

Un souffle nouveau. C'est très important pour que la France se relève de cette sorte de déprime qu'elle traverse. Nous irons tous ensemble de l'avant. Les premières mesures seront la revalorisation des petites retraites et des bas salaires. Le plan national sur l'emploi des jeunes.

Et une des premières réformes sera la mise en place d'une fiscalité écologique qui va encourager le développement des éco industries.

Source : www.paris-normandie.fr




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PE

" La surprise Jospin ", par L'Orient-Le Jour, quotidien libanais (24/02)

"L’arrivée de Lionel Jospin, qui avait tenté en vain de contrer la candidature de Ségolène Royal en l’accusant en septembre de "démagogie" et de "futilité", constitue une réelle surprise. Sa défaite à la présidentielle de 2002, où il avait été devancé au premier tour par le leader d’extrême droite Jean-Marie Le Pen, avait représenté un séisme politique qui continue de hanter les socialistes. (…) Lionel Jospin garde l’image d’un gestionnaire rigoureux dont le gouvernement (1997-2002) avait réussi à faire baisser le chômage. Son intégration à l’équipe de campagne ainsi que celles de Laurent Fabius, lui aussi ancien Premier ministre, et de Dominique Strauss-Kahn, ex-ministre des Finances, pourraient aider Mme Royal à répondre aux attaques récurrentes de ses adversaires sur son "inexpérience" et le manque de cohérence économique de ses propositions."

" La gazelle acculée est forcée d'embrasser les Éléphants ", par le Times (23/02)

"Ségolène Royal a intégré des poids lourds dans son équipe de campagne hier, cherchant à contrer les critiques qui accusaient la candidate d'amateurisme.
Mme Royal, 53 ans, a annoncé la nomination de Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, les deux rivaux qu'elle a battu lors de la primaire socialiste, dans "un conseil stratégique" chargée de l'épauler.
Bien que les deux hommes aient dédaigné Mme Royal quand elle a annoncé sa candidature et l'ont boudée depuis qu'elle a été choisie, ils sont considérés comme des forces de frappe capables d'infliger des dégâts au candidat de centre-droit, Nicolas Sarkozy…"

" Requinquée, Ségolène Royal chiffre son programme ", par 24 Heures, quotidien suisse (22/02)

"Aujourd'hui, la candidate socialiste devrait dévoiler sa nouvelle équipe, avant d'enfiler les meetings. Le moment s'y prête. Après une bonne vingtaine de sondages défavorables, une enquête est venue hier contredire ceux qui pensaient l'affaire réglée, la victoire de Nicolas Sarkozy assurée. Mme Royal (29%, + 2 points) repasse devant le ministre de l'Intérieur (28%, - 5 points) au premier tour, indique l'institut CSA dans le journal Le Parisien , devançant largement François Bayrou (17%, + 4 points). Au second tour, Sarkozy l'emporterait de justesse (51% contre 49%). C'est une petite lueur dans le camp socialiste. Signe, en tout cas, que le passage de Ségolène Royal sur TF1 lundi soir a laissé une impression plutôt favorable dans l'opinion publique. S'il est encore trop tôt pour y voir une inversion de tendance, l'UMP, sur ses gardes, est passé à l'offensive en critiquant le "chiffrage" du programme socialiste.
Vaste sujet. C'était d'ailleurs l'une des raisons du départ d'Eric Besson. Ce dernier insistait pour que le coût des 100 propositions de Ségolène Royal soit évalué publiquement, tandis que certains "éléphants" trouvaient la question embarrassante."

" Le Pen manque de signatures ", par El Pais, quotidien espagnol (21/02)

"A 78 ans, Jean-Marie Le Pen se présente une fois de plus à la présidence française. (…) Mais il est possible que son nom ne figure pas sur les bulletins de vote, s'il n'obtient pas les 500 signatures de maires nécessaires pour se présenter. Le vieux combattant a modéré son discours, a adouci sa gestuelle et ses grimaces menaçantes. Sa fille Marine lance un appel au vote des Français issus de l'immigration qui ne veulent pas que plus d'immigrés débarquent sur le territoire. Le Pen pourrait élargir sa base sociale. Une bonne partie de son discours a intégré les idées de la droite représentée par Sarkozy. Le racisme implicite de certaines de ses propositions a été banalisé, il ne fait déjà plus peur. Il pourrait se faire remarquer seulement s'il parvient à se présenter au premier tour."



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LFGQ

"On peut avoir des différences et travailler ensemble", a lancé Laurent Fabius, qui a déjeuné avec la candidate samedi midi.

Plus de 7.500 militants et sympathisants socialistes ont réservé samedi 24 février un accueil triomphal à Ségolène Royal pour son meeting avec Laurent Fabius à Grand-Quevilly, fief de l'ancien Premier ministre depuis 27 ans, 2.000 personnes n'ont pu entrer.

Lors de la campagne interne au PS pour l'investiture à la présidentielle, les socialistes de Seine-Maritime avaient pourtant voté à 61,5% en faveur de Laurent Fabius (meilleur score de France) et à 24,1% pour Ségolène Royal.

"On a besoin que la gauche gagne pour redonner du dynamisme au pays. Ça ne peut venir que du rassemblement de la gauche et d'abord du rassemblement des socialistes", a déclaré Laurent Fabius.
"On peut avoir des différences et en même temps travailler ensemble et tendre vers le même objectif", a-t-il ajouté.

Pour cette première réunion depuis que, jeudi soir, un comité de soutien au "pacte présidentiel" de la candidate a été constitué avec 13 poids lourds du PS dont Lionel Jospin, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, les socialistes de Seine-Maritime se sont "mobilisés", déclare Christophe Bouillon, le premier secrétaire de la fédération départementale.

" Il n'y a aucune amertume "

"Il y a une vraie mobilisation des militants. Ils ont distribué plus de 150.000 tracts et collé plus de 4.000 affiches. Il y a un vrai engouement, c'est un rendez-vous qui va compter", explique-t-il.

Il l'assure, les querelles passées sont enterrées. "Il n'y a aucune amertume, aucune réserve, mais des signes de curiosité et d'attente" comme en témoigne, selon lui, la présence de 300 élus et responsables de section au premier rang du public.

Dans le hall d'entrée du Zénith, quatre militantes de la fédération attendent les inscriptions.

Elles ont voté Laurent Fabius, mais elles militent aujourd'hui pour le rassemblement.

"Lors de la consultation interne, chacun avait à exprimer des différences, c'était normal. Aujourd'hui, nous sommes là pour le rassemblement, pour que le PS gagne", témoigne Isabelle, 47 ans.

Cinq autres militantes invitent à participer au comité de soutien de la candidate. Toutes avaient aussi voté Laurent Fabius, mais elles se sont ralliées à la candidature Royal "comme l'avait demandé Laurent dès le début", justifie Simone Pinel, 65 ans.

Michel Savary et Léonard Gros-Désir, deux anciens militaires qui arborent leurs médailles de la guerre d'Indochine, n'ont pas d'états d'âme.

"On aurait bien aimé Laurent, mais une femme, ça peut changer les choses et on a toujours voté socialiste", sourit le premier, un ancien commando parachutiste.

" Rassembler tout le monde "

"Dans une terre fabiusienne, c'est la preuve que l'on peut rassembler tout le monde autour de Ségolène", renchérit Yvan Graïc, animateur de "Désirs d'avenir", association fondée pour soutenir la présidente de la région Poitou-Charentes lors de la campagne d'investiture.

La candidate elle-même ne ménage pas ses compliments.

Dans un entretien publié samedi dans le quotidien Paris-Normandie, elle explique observer "depuis longtemps ce que font Alain Le Vern, Didier Marie et Jean-Louis Destans (respectivement présidents de la région Haute-Normandie, du Conseil général de Seine-Maritime et du Conseil général de l'Eure, ndlr) dans cette région en matière de logement, d'emploi, d'équipement et d'éducation".

Pierre Bourguignon, député-maire de Sotteville et ancien rocardien, qui avait soutenu Dominique Strauss-Kahn lors de l'investiture (14,4% en Seine-Maritime), est lui devenu responsable de la candidature Royal dans sa circonscription.

Extraits de son intervention

"Je veux bâtir avec vous tous la gauche moderne, celle du XXIe siècle.

La candidate du PS, du PRG et du MRC a défendu une "gauche moderne et efficace, une nouvelle façon, à partir des valeurs de gauche adaptées, d'accompagner les mutations, d'apaiser les inquiétudes".

Ségolène Royal s'est inscrite dans le sillage de François Mitterrand, Léon Blum et de l'ensemble des gouvernements socialistes, citant Lionel Jospin et Pierre Bérégovoy.

"La gauche nouvelle et efficace n'oublie rien : elle n'oublie ni les luttes ouvrières ni les conquêtes sociales, elle n'oublie pas que ceux qui ont le pouvoir l'abandonnent rarement d'eux-mêmes". Cette gauche ne renonce pas "à l'égalité réelle, n'en rabat pas sur la laïcité et les services publics et a les yeux ouverts sur la réalité.

La gauche efficace a aussi les yeux ouverts sur la réalité. Elle sait que, faute d'être confrontées au réel, les idées se transforment en dogmes, elle ne confond pas la conviction avec le sectarisme, elle cherche obstinément la mise en mouvement de toute la société (...), elle est prête à expérimenter tout ce qui marche, dès lors qu'il ne s'agit pas d'oublier les fins: le progrès social pour tous et le respect pour chacun".

Ségolène Royal s'est dite "heureuse de ce jour qui marque un rassemblement de la famille socialiste".

La candidate du PS, du PRg et du MRC a salué ses alliés radicaux de gauche et chevènementistes.

Ségolène Royal a exprimé "l'intention de rassembler bien au-delà tous ceux qui veulent simplement que ça change, tous ceux qui veulent que la France se relève".

Source : Reuters et DA



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Laurent Fabius a reçu Ségolène Royal au Grand-Quevilly

Laurent Fabius, membre de "l'équipe du pacte présidentiel" de Ségolène Royal a affirmé un net soutien à la candidate socialiste.

"
Nous sommes ici rassemblés pour dire notre souhait que d'ici quelques semaines, la présidente de la République s'appelle Ségolène Royal. Désormais, chère Ségolène, c'est une pour tous et tous pour une !

Le vote anti-Sarkozy, c'est le vote Ségolène Royal
".

Un peu plus tôt dans la journée, Ségolène Royal a déclaré qu'il s'agissait d' "une journée de rassemblement et de contact avec la population".

"J'ai besoin de tous les talents, de toutes les énergies" a-t-elle réaffirmé lors d'un déjeuner avec Laurent Fabius, Alain Le Vern, président de la région Haute-Normandie, Didier Marie, président du Conseil général de Seine-Maritime, Jean-Louis Destants, son homologue de l'Eure et d'autres responsables locaux.

"On a besoin que la gauche gagne pour redonner du dynamisme au pays. Ça ne peut venir que du rassemblement de la gauche et d'abord du rassemblement des socialistes", a ajouté Laurent Fabius.

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BH

Benoit Hamon répond à trois questions lors d'un chat : visionnez



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