Ségolène Royal (Reuters).
L'ex-candidate à l'Elysée en 2007 tente de couper l'herbe sous le pied de Bertrand Delanoë dont la semaine prochaine doit marquer la montée en puissance avec la
sortie d'un livre et une réunion de ses soutiens.
afp
LIBERATION.FR : samedi 17 mai 2008
Ségolène Royal a annoncé vendredi soir lors d'une réunion publique à Paris qu'elle serait candidate à la direction du PS «si les militants le jugent utile»
lors du congrès de Reims au mois de novembre.
Par ce geste, l'ex-candidate à l'Elysée en 2007 tente de couper l'herbe sous le pied du maire de Paris, Bertrand Delanoë, dont la semaine prochaine doit marquer la
montée en puissance avec la sortie d'un livre et une réunion de ses soutiens.
«Si les militants partagent les orientations que nous proposerons, j'assumerai les responsabilités qui en découlent (...)», a déclaré la présidente du
Poitou-Charentes devant 4 à 500 militants réunis dans le XXe arrondissement, le plus populaire de la capitale, pour «un atelier citoyen». «Si les militants en décident ainsi et l'estiment
utile pour le parti socialiste, j'accepterai avec joie et détermination d'assumer cette belle mission de chef du parti», a ajouté Ségolène Royal, qui entend «porter une conception du
renouveau du socialisme en France et dans le monde».
Au fil des semaines, la candidature de Ségolène Royal apparaissait comme une évidence. Mais le moment est inattendu, l'élue picto-charentaise ayant réaffirmé il y a
quelques jours devant des journalistes que le moment n'était pas venu. Dans le complexe de La Bellevilloise, un «lieu de vie» avec théâtre et restaurant, l'ex-candidate à l'Elysée a
lancé: «Nous savons tous que le PS a besoin d'un leadership».
Alors que bien des médias annoncent un choc entre Bertrand Delanoë et elle-même au congrès de Reims, Ségolène Royal a assuré qu'il n'y avait «pas de risque
d'affrontement ou de guerre des chefs». «Les militants n'en veulent pas et ils n'en auront pas. En ce qui me concerne, le débat sera respectureux», a-t-elle ajouté. La présidente de région a
précisé que, passage obligé pour conquérir le parti, elle ferait «une offre politique aux militants sous forme d'une contribution puis d'une motion». «Dès la semaine prochaine, nous passons à
la rédaction de la contribution» qui devra être déposée au plus tard le 1er juillet, a-t-elle ajouté.
Ségolène Royal a d'autre part annoncé le soutien, d'ores et déjà, de 25 premiers secrétaires de fédérations départementales, de petite taille en majorité, mais
aussi de taille moyenne comme l'Aude, le Var, la Somme ou encore l'Indre-et-Loire. Selon la présidente du Poitou-Charentes, qui a multiplié les références à François Mitterrand, «le Parti
socialiste est bien à la croisée des chemins: celui de la renaissance ou du sur-place».
Régulièrement accusée de vouloir soigner sa popularité en jouant sur son image, Ségolène Royal s'est défendue de vouloir «flatter les militants». «Je veux les
respecter et les convaincre», a-t-elle dit, promettant à nouveau de «parler aux militants comme (elle) parle aux Français». «Il n'y aura pas de faux débats, de postures toutes
faites». Souvent accusée de faire le jeu de François Bayrou, l'ex-candidate a prôné «un parti socialiste qui soit le centre de gravité pour toute la gauche dans le respect de nos
partenaires». Face à «ceux qui déforment ou dénigrent» sa méthode - partir d'un questionnaire aux militants pour proposer un projet politique au congrès -, Ségolène Royal a affirmé
que c'était «le contraire du populisme et de la démagogie», dénonçant un «ordre jupitérien» où on «décide dans la solitude de son bureau».
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